Comparatif

Pudu BG1 Pro ou Kärcher KIRA B 200 : le duel des grandes autolaveuses pour aéroports et logistique

20 juillet 2026 · 8 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Grand hall au sol en granit poli réfléchissant

Le Pudu BG1 Pro, autolaveuse-balayeuse IA-native de mars 2026, face au Kärcher KIRA B 200, vaisseau amiral allemand de 2025, une machine de plus de 600 kg pensée pour les aéroports, gares et entrepôts. Deux écoles pour un même problème.

Deux gabarits, deux mondes

La première différence saute aux yeux : la taille. Le KIRA B 200 est imposant, environ 1 898 mm de long, 1 138 de large, 1 471 de haut, et pèse 619 kg à vide en version rouleau, 650 kg en version disque, près de 850 kg une fois ses 200 L d'eau embarqués. Il lui faut des allées d'au moins 1 350 mm, ce qui le cantonne aux espaces réellement dégagés. Le BG1 Pro joue dans une catégorie bien plus légère, 1 195 × 760 × 1 303 mm pour 344 kg, soit près de la moitié du poids et 70 cm de longueur en moins, avec un passage minimal de 850 mm contre 1 350 pour le KIRA. Le Pudu se faufile là où l'allemand reste bloqué, rayonnages rapprochés, halls encombrés, zones segmentées d'un terminal. Le KIRA impose de raisonner grandes surfaces ouvertes ; le BG1 Pro autorise le même robot à travailler les grandes nefs et les circulations plus étroites, avec moins de contraintes sur les revêtements et une charge à l'impact moindre parmi les piétons.

Balayer et laver d'un même geste

C'est ici que le BG1 Pro marque son point le plus fort. Il est un authentique sweeper-scrubber : rouleau de balayage, brosse disque extensible et brosses latérales lui permettent de ramasser les déchets secs, de laver et de sécher en une seule passe, avec un bac à déchets de 5 L. Dans un aéroport ou une gare, où le sol accumule poussières, débris et emballages autant que des traces humides, cette intégration change la donne. Le KIRA n'est pas en reste, il faut le reconnaître : la version rouleau intègre un pré-balayage par brosse autonettoyante et bac de récupération, donc pré-balaie et lave en un passage. Mais c'est un pré-balayage, pas un système de balayage industriel complet avec rouleau et bac déchets dédié comme sur le Pudu. Sur des sols vraiment jonchés de débris, la logique balayeuse plus autolaveuse du BG1 Pro est plus robuste. Sur les bords, l'extension mécanique de la brosse disque du Pudu adresse plus directement l'angle mort des plinthes que la seule brosse latérale du KIRA.

Le rendement : là où le KIRA reprend la main

Sur le pur débit soutenu, le KIRA est supérieur, et nettement. Kärcher annonce 4 590 m²/h en version rouleau, 4 860 en version disque, environ 7 143 m² lavés par plein d'eau, portés par une largeur de 850 à 900 mm et une vitesse de près de 1,5 m/s. Un débit de croisière que le BG1 Pro, à 2 000 m²/h en couverture et 550 mm de largeur, ne peut pas suivre. Sur une immense dalle logistique parfaitement dégagée, où il ne s'agit que d'aligner des passes rectilignes, le KIRA lave davantage de mètres carrés par heure, point. Mais ce chiffre mérite d'être remis en perspective : le mode spot du BG1 Pro, à 6 000 m²/h, illustre une autre façon de travailler, l'IA cible ce qui est réellement sale plutôt que de tout laver. Sur des halls d'aéroport souvent propres à 80 % entre deux pics, cibler peut être plus utile que laver mécaniquement au débit maximal. Le KIRA gagne la course en ligne droite ; le BG1 Pro court sur plus de circuits.

Cuves et autonomie hydraulique : l'atout de l'allemand

C'est le chapitre où le KIRA impressionne le plus. Ses 200 L d'eau propre et 200 L d'eau sale sont dans une autre dimension que les 75 et 60 L du BG1 Pro. Avec 200 L, le KIRA lave environ 7 143 m² entre deux remplissages ; le Pudu, avec un tiers de cette capacité, revient plus souvent s'il travaille sans station. Pour laver 20 000 à 40 000 m² de sols durs d'un seul tenant chaque nuit, la grande cuve du KIRA réduit les allers-retours au point d'eau, avantage réel qu'il serait malhonnête de minimiser. Mais cette autonomie brute est en partie neutralisée en exploitation avec station : les deux robots peuvent recevoir une station qui remplit, vidange et recharge, et savent revenir seuls s'y régénérer. La grande cuve du KIRA devient alors un confort qui espace les retours au dock, non plus une condition de fonctionnement, et le Pudu compense sa cuve plus modeste par des cycles plus fréquents mais automatisés.

L'énergie : deux stratégies

Le KIRA embarque quatre batteries lithium-ion pour 320 Ah en 24 V, avec une cinquième en option, pour environ 4 h d'autonomie mais surtout une endurance remarquable, jusqu'à 3 800 cycles à 70 % de décharge et une garantie de cinq ans. C'est un argument de coût total de possession de premier ordre, une prévisibilité budgétaire que Kärcher joue très bien. Le BG1 Pro adopte une batterie de 90 Ah en 48 V, environ 4,3 kWh, pour une autonomie annoncée nettement supérieure, jusqu'à 7,5 h en balayage plus lavage, presque le double des 4 h du KIRA, avec une recharge d'environ 3 h sur alimentation suffisante. Pudu ne communique en revanche ni le nombre de cycles ni la garantie batterie. Sur la transparence de l'endurance long terme, avantage à l'allemand ; sur l'autonomie journalière brute, au chinois.

Navigation, sécurité et certification

Le match de perception est serré. Le BG1 Pro s'appuie sur une fusion LiDAR 3D et SLAM visuel 3D sur moteur bi-puce, robuste dans les halls hauts et l'obscurité, avec une IA see-and-clean et un évitement dynamique à alertes lumineuses et sonores. Le KIRA répond par un système multi-capteurs à 360°, scanners laser et capteurs 3D détectant obstacles, surplombs, vitres et personnes, une navigation par apprentissage de parcours et une signalisation très fournie, gyrophare, projecteurs et feux d'annonce. Mais c'est sur la certification que le KIRA prend un avantage que le Pudu ne peut pas revendiquer à ce jour : il est certifié IEC 63327:2021 et explicitement homologué pour l'usage en zones publiques. Pour un aéroport, une gare ou un ERP soumis à des exigences strictes, cette homologation formelle n'est pas un détail, c'est parfois une condition d'accès au site. Le BG1 Pro ne mentionne aucune certification IEC 63327 dans sa documentation à date, vrai point de vigilance pour les acheteurs les plus exigeants en sécurité normée. Sur ce terrain, le KIRA est devant, sans discussion.

Connectivité et gouvernance

Le BG1 Pro s'inscrit dans un écosystème de gestion de flotte adossé à un déploiement mondial large, avec 4G, Wi-Fi, Bluetooth, gestion ascenseurs en option et une maintenance quotidienne pensée en moins d'une minute. Le KIRA joue la carte de la gouvernance industrielle et de la conformité de bout en bout : application et gestionnaire de flotte, commande des portes sectionnelles, et surtout l'implémentation native de l'interface de flotte standardisée qui permet d'orchestrer des robots de marques différentes dans un même superviseur, point que le Pudu ne documente pas à date. Kärcher va plus loin en garantissant contractuellement ses mises à jour logicielles sur plusieurs années, signal de sérénité rare qui parle aux directions informatiques et aux acheteurs publics, le tout adossé à l'un des réseaux de service les plus denses du nettoyage professionnel. Sur la gouvernance, la certification et l'engagement de support, le KIRA est le choix de la conformité maximale.

Prix, valeur et maturité

Nous n'affichons pas de tarifs, et aucun des deux constructeurs ne publie de prix, tous deux vendant sur devis. Mais le positionnement des marques raconte une histoire limpide : Kärcher est un constructeur premium dont les machines robotisées se situent dans le haut du panier, quand Pudu a bâti sa réputation sur un rapport prix-performance agressif à chaque étage de sa gamme. Il serait imprudent d'avancer un chiffre, mais la trajectoire de Pudu rend hautement probable un ticket d'entrée sensiblement plus accessible que celui du KIRA pour une polyvalence supérieure : plus de fonctions, le vrai balayage intégré, l'autonomie de 7,5 h, la navigation 3D, pour un investissement selon toute vraisemblance moindre. Sur la maturité, en revanche, le KIRA a l'avantage : commercialisé depuis 2025, adossé à un industriel installé de longue date et à des références en logistique et aéroportuaire, il offre la tranquillité d'un fournisseur dont on sait qu'il sera là dans dix ans. Le BG1 Pro, dévoilé en mars 2026, a un recul limité et plusieurs specs non communiquées ; l'acheteur prudent suivra les premiers retours avant un déploiement massif.

Verdict

Pour la majorité des exploitations de grandes surfaces intérieures, le BG1 Pro est le meilleur choix, non parce qu'il écrase le KIRA, mais parce qu'il gagne là où cela compte pour le plus grand nombre : la polyvalence, en balayant, lavant et séchant vraiment d'une passe ; le gabarit, qui lui ouvre des zones que l'allemand ne pourra jamais nettoyer et en fait le robot unique d'un site aux configurations variées ; l'autonomie journalière ; la navigation 3D robuste ; et le rapport valeur, avec vraisemblablement plus de fonctions pour un budget inférieur. Cela dit, le KIRA B 200 est une machine premium redoutable, et il existe des cas où c'est lui qu'il faut choisir. Sur les très gros volumes homogènes, ces immenses dalles où l'on lave des dizaines de milliers de mètres carrés d'un seul tenant, son rendement soutenu et ses cuves de 200/200 L donnent une cadence brute imbattable. Sur les exigences de certification et de gouvernance, il est devant, homologation IEC 63327 pour zones publiques, interface de flotte standardisée, support garanti dans le temps, batteries endurantes et garanties. Pour un aéroport, une gare ou un ERP soumis à des contraintes strictes, ou pour une direction qui exige un fournisseur occidental installé, le KIRA reste le choix de la sérénité. En somme, le KIRA est la machine de la conformité et du très gros volume homogène ; le BG1 Pro celle de la polyvalence, de l'agilité et de la valeur. Pour la plupart des sites, c'est le BG1 Pro qui rentre gagnant. A confirmer neanmoins par un releve terrain, seul capable de mesurer le gain reel sur votre site.

Questions fréquentes

Le KIRA B 200 lave plus vite, pourquoi préférer le BG1 Pro ?
Le KIRA a un rendement soutenu et des cuves de 200/200 L imbattables sur d'immenses dalles homogènes. Mais le BG1 Pro balaie, lave et sèche en une passe, se faufile dans des zones interdites au KIRA et offre plus d'autonomie journalière, ce qui le rend plus polyvalent sur les sites mixtes.
Lequel pour un aéroport soumis à des exigences de conformité ?
Le KIRA B 200 : il est certifié IEC 63327:2021 et homologué pour les zones publiques, avec une interface de flotte standardisée et un support garanti dans le temps. Le BG1 Pro ne revendique pas cette certification à date, point à vérifier pour les ERP exigeants.
Quel écart de prix entre les deux ?
Nous n'affichons pas de tarifs et les deux se vendent sur devis. Le positionnement des marques rend probable un ticket d'entrée sensiblement plus accessible côté Pudu pour une polyvalence supérieure, mais le coût réel se cale au devis, station et options incluses.

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