Kärcher KIRA B 50 ou Gausium Scrubber 50 Pro : le duel des autolaveuses autonomes
20 juillet 2026 · 10 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Deux autolaveuses autonomes premium, une même promesse : laver seules des milliers de mètres carrés de sols durs. L'allemande Kärcher KIRA B 50 face au chinois Gausium Scrubber 50 Pro, poste par poste, chiffres en main.
Deux autolaveuses premium, deux écoles
D'un côté, l'Allemagne et son horloger du nettoyage, Kärcher, avec la KIRA B 50 lancée en 2022. De l'autre, la Chine et son champion de la robotique de service, Gausium, avec le Scrubber 50 Pro apparu en 2021 puis refondu en 2023. Elles jouent dans le même stade, retail, gares, aéroports, santé, tertiaire, industrie légère, et visent le même client : celui qui veut sortir le lavage des sols de la logique heure-homme. Sur le papier elles se ressemblent ; dans le détail, elles racontent deux visions du même métier.
Le lavage, deux approches de la largeur
La comparaison des largeurs dépend de la configuration. La KIRA B 50 embarque une tête à brosse rouleau de 550 mm qui combine pré-balayage et lavage, complétée d'une brosse latérale pour les bords, avec une largeur d'aspiration de 750 mm pour un séchage propre. Elle vise 2 365 m²/h en théorie. Le Scrubber 50 Pro se décline en deux têtes : en version disque il lave 460 mm, moins que la KIRA, mais en version rouleau il monte à 780 mm, sensiblement plus. Sur une surface dégagée où l'on cherche du débit, la config rouleau couvre plus de sol par passage. Gausium revendique 1 987 m²/h en théorie, avec une fourchette pratique honnêtement annoncée entre 500 et 1 300 m²/h selon l'encombrement.
Sur la pression de brosse, prudence : Kärcher raisonne en g/cm² (80 g/cm²) quand Gausium annonce des kilos (18 à 25 kg). Ce sont deux unités différentes, sans surface de contact commune connue : aucune comparaison directe n'est possible, personne ne l'emporte nettement sur ce sous-critère, et le rendu réel sur salissures est à valider en conditions d'exploitation.
Sur l'eau, le Gausium prend un avantage concret : il recycle son eau de lavage par une filtration en cinq étapes qui réduit d'environ 80 % la consommation d'eau douce, ce qui compense ses cuves plus modestes (30 L propre, 24 L sale) face aux 55 L et 55 L de la KIRA. L'allemande, elle, ne recycle pas mais mise sur le volume et sur un dosage détergent asservi à la vitesse d'avance. Deux réponses à la même contrainte : l'économie par le recyclage chez Gausium, par le dosage et la grande réserve chez Kärcher. Sur les bords, le Gausium descend à 40 mm en standard et atteint le zéro avec ses brosses latérales optionnelles ; la KIRA longe la plinthe avec sa brosse latérale intégrée. Aucune des deux ne prend la moquette : ce sont des laveuses de sols durs.
Gabarit, mobilité, pente
Le Scrubber 50 Pro est le plus compact, et de loin : 810 × 700 × 1 070 mm pour 148 à 157 kg, contre 1 100 × 750 × 1 200 mm et 228 kg à vide pour la KIRA. Soixante-dix à quatre-vingts kilos d'écart, ce n'est pas anodin pour un engin qui circule seul, monte parfois en ascenseur, ou doit être déplacé lors d'une intervention. Le Gausium se faufile aussi mieux, avec un passage minimal de 800 mm contre 900 mm pour la KIRA. Les vitesses de pointe se tiennent dans un mouchoir, 1,2 m/s contre 1,19 m/s.
Un chiffre contredit l'intuition : la pente. On imaginerait la robuste allemande devant, mais c'est le Gausium qui grimpe le plus fort, 4,6° contre 3,4°. Sur un site à rampes légères, à quais inclinés ou à jonctions de niveaux, cet écart peut décider si une zone est couverte ou interdite au robot. Le bilan mobilité penche donc côté chinois : plus léger, plus compact, plus agile, meilleur en pente. La KIRA compense par sa largeur de travail et sa réserve d'eau.
Énergie et station
Les deux partagent la chimie LiFePO4, réputée pour sa longévité. La KIRA aligne 160 Ah en 24 V pour 3,5 h d'autonomie, avec une recharge complète d'environ 5,2 h. Le Gausium se contente de 60 Ah en 24 V (environ 1,44 kWh), pour 3 à 8 h selon le mode, comptez trois heures en lavage intensif, mais avec un argument massue : deux heures pour un plein. Sur une exploitation en biberonnage, où le robot revient se recharger entre deux missions, cette rapidité est précieuse. La KIRA retourne l'argument par son écosystème : sa charge plus lente importe moins dès lors que la machine se recharge seule au dock pendant les creux. Aucune des deux n'a de batterie échangeable à chaud.
Sur la station, la KIRA articule une chaîne complète, remplissage d'eau propre, vidange et rinçage des eaux sales, recharge, ce qui lui permet d'annoncer de très grandes surfaces par jour en cycle autonome, y compris en horaires décalés. Le Gausium atteint un résultat proche avec un dock de charge et une station eau, proposés en options, dont le rinçage n'est pas mis en avant de la même manière. Dans les deux cas, cet écosystème est facturé en supplément : personne ne livre le robot avec sa station incluse. Le mérite de la KIRA est la lisibilité et l'exhaustivité de la chaîne ; le Gausium rattrape par sa charge rapide.
Navigation et sécurité
C'est le poste où les deux divergent le plus, et où le prix premium de Kärcher commence à se justifier. La KIRA empile trois LiDAR pour une couverture 360°, quatre capteurs 3D et onze ultrasons, plus une détection sans contact des vides pour éviter les chutes. Sa cartographie combine l'apprentissage d'un parcours en zone contrainte et la planification autonome des grands espaces. Le Scrubber 50 Pro se contente d'un LiDAR 2D, épaulé d'une caméra de profondeur 3D et d'une caméra RGB, orchestrés par un SLAM multi-cartes qui replanifie en temps réel. C'est éprouvé et efficace, mais un LiDAR 2D unique reste en retrait des trois LiDAR de la KIRA en richesse de perception et en redondance, ce qui compte en environnement à fort trafic.
La sécurité prolonge ce constat. La KIRA B 50 est certifiée IEC 63327, et cette certification a été délivrée après évaluation par DEKRA, un organisme tiers indépendant. Elle s'accompagne d'un gyrophare, de feux d'état, de zones d'interaction paramétrables et d'une détection active des personnes. Chez Gausium, la conformité IEC 63327 existe aussi, mais elle est présentée comme disponible sur demande selon la configuration livrée. La différence est réelle pour un acheteur : d'un côté une certification tierce affichée et documentée, de l'autre une conformité à valider contractuellement machine par machine. Pour un site public à fort passage, la première formulation rassure davantage.
Cybersécurité, l'argument que Gausium ne joue pas
Voici le terrain où la KIRA creuse l'écart le plus franc, parce que Gausium n'y répond pas dans sa documentation. Kärcher a fait auditer la machine par un spécialiste allemand du test d'intrusion, en plus de la certification sécurité. La robustesse informatique de l'engin, un objet connecté qui roule dans des espaces publics et transmet des données, a donc été éprouvée par un tiers offensif. À l'heure où un robot de nettoyage est aussi un point d'entrée réseau potentiel sur le système d'information d'un aéroport ou d'un hôpital, ce niveau de garantie n'est pas cosmétique.
En face, la fiche du Scrubber 50 Pro laisse la cybersécurité, l'hébergement des données et les mises à jour non renseignés. Ce n'est pas nécessairement que le Gausium soit vulnérable, c'est que rien n'est documenté ni certifié à ce sujet. Pour un responsable de la sécurité des systèmes d'information appelé à valider un déploiement, l'absence d'information est un frein, et l'audit d'intrusion de Kärcher devient un argument commercial autant que technique.
Connectivité et exploitation
La KIRA embarque une connexion 4G native doublée du Wi-Fi, un portail web de gestion de flotte avec rapports détaillés et notifications, et parle une interface de communication standardisée qui permet d'orchestrer des robots de marques différentes dans un même système, un atout pour un grand compte qui ne veut pas s'enfermer dans un silo propriétaire. Kärcher garantit en outre ses mises à jour logicielles sur plusieurs années, ce qui donne une visibilité rare sur la durée de vie de l'investissement.
Le Gausium n'est pas démuni : application mobile, rapports cloud, supervision à distance, et surtout une plateforme développeur ouverte pour intégrer le robot à la domotique d'un bâtiment, à ses ascenseurs et à ses portes. Cette ouverture est un vrai point fort pour qui veut une intégration sur mesure. Mais plusieurs garanties d'exploitation, connexion native, conformité à l'interface de flotte standardisée, durée de support logiciel, hébergement des données, restent à préciser au cas par cas. Kärcher vend une exploitation clé en main et tracée dans le temps ; Gausium une plateforme puissante et ouverte dont certaines garanties se calent au devis.
Références terrain
Il serait malhonnête de conclure sans reconnaître la force du Scrubber 50 Pro : ses références. Gausium peut montrer des déploiements réels et documentés dans des environnements exigeants, dont le métro de Madrid, sur un réseau qui voit passer plus de deux millions de voyageurs par jour, et l'aéroport de Salzbourg, en zone de sûreté et d'enregistrement. Ce ne sont pas des démonstrations de salon mais des sites publics à fort trafic tenus dans la durée. Cette maturité de terrain, accumulée depuis 2021, est un actif que peu de concurrents alignent. La KIRA B 50 est plus discrète sur ce point : ses références relèvent davantage de l'écosystème technique que de longues listes de sites clients publiquement communiqués. Pour un acheteur qui veut voir tourner la machine chez un pair avant de signer, le Scrubber 50 Pro offre aujourd'hui plus de preuves d'usage.
Prix et disponibilité
Nous n'affichons pas de tarifs. Sur la transparence, en revanche, l'avantage va à Kärcher : la KIRA a un prix public net et vérifiable en Europe, quand le Scrubber 50 Pro se vend sur devis et que son prix constaté outre-Atlantique est à prendre avec réserve, identique à celui du Scrubber 75 malgré des gabarits opposés, un signal qui invite à reconfirmer au devis plutôt qu'à conclure. Le Scrubber 50 Pro est distribué en France par le réseau de revendeurs Gausium ; la KIRA passe par les revendeurs agréés Kärcher, sans liste nominative communiquée à ce jour pour le territoire français. Le coût réel des deux se cale de toute façon une fois la station, le service et les consommables ajoutés.
Verdict
La KIRA B 50 gagne, sur la cohérence d'ensemble plutôt que sur un chiffre isolé. Elle propose un écosystème d'exploitation complet, elle est nativement connectée, elle s'intègre à une flotte hétérogène et garantit ses mises à jour dans le temps. Elle est certifiée IEC 63327 par un tiers côté sécurité, et auditée côté cybersécurité, un double sceau que le Gausium ne présente pas, avec une perception plus riche (trois LiDAR contre un seul LiDAR 2D). Pour une organisation qui place la sécurité, la conformité, l'intégration flotte et la traçabilité au premier rang, c'est le choix le plus complet.
Le Scrubber 50 Pro reste un adversaire redoutable, et sur plusieurs terrains il fait jeu égal ou mieux : plus léger, plus compact, plus maniable, il grimpe une pente plus raide, recharge en deux heures et recycle son eau. Il est mature, éprouvé depuis 2021, et il aligne des références que la KIRA n'a pas encore. Pour un prestataire qui cherche un robot déjà rodé, agile, économe en eau, avec des déploiements comparables à montrer, c'est un choix parfaitement défendable. En clair, sécurité et intégration flotte au sommet des priorités, la KIRA ; maniabilité, économie d'eau et références en place, le Gausium. Le bon arbitrage dépend du site, et se tranche mieux après un audit sur vos sols.
Questions fréquentes
Le Scrubber 50 Pro ou la KIRA B 50 pour un aéroport ?
Laquelle consomme le moins d'eau ?
Ces autolaveuses fonctionnent-elles vraiment en autonomie ?
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