Comparatif

Pudu CC1 Pro ou Gausium Phantas : quel compact 4-en-1 choisir ?

20 juillet 2026 · 9 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Sol de bureau en résine claire nettoyé par un robot compact

Le Pudu CC1 Pro et le Gausium Phantas visent le même terrain : remplacer quatre machines par un seul compact autonome, dans des espaces trop étroits pour les grosses autolaveuses. Leurs philosophies diffèrent, et à l'usage cette différence pèse.

Deux compacts 4-en-1, deux philosophies

Le Gausium Phantas, sorti en 2022, a inventé la catégorie du compact multifonction et se retrouve aujourd'hui repris en marque blanche par TASKI (Diversey). Le Pudu CC1 Pro, arrivé en mai 2025, pousse l'idée plus loin avec une caméra d'inspection à l'arrière et une station qui régénère la machine. Les deux tiennent dans un mètre carré et jouent sur le même terrain. Après avoir mis les fiches côte à côte et confronté les chiffres à ce que chaque machine fait sur le terrain, c'est le CC1 Pro qui s'impose en priorité, sans que le Phantas soit dépassé pour autant. Voici pourquoi, critère par critère.

Le format, premier vrai clivage

Le Phantas mesure 585 × 445 × 619 mm pour 65 kg. Ces 445 mm de largeur en font le robot de nettoyage commercial le plus compact du marché. Ce n'est pas un détail : il se faufile sous une table, passe entre deux portants et enfile des allées de 650 mm là où presque tout le reste de la catégorie reste bloqué. Gausium a construit tout le produit autour de cette empreinte réduite.

Le CC1 Pro affiche 629 × 552 × 695 mm pour 75 kg, avec un passage minimal donné à 700 mm contre 650 mm pour le Phantas. Il reste un petit robot, mais face au Phantas il perd nettement la bataille de la compacité. Dans un café bondé, une bibliothèque meublée serré ou un couloir de clinique encombré, ces centimètres de plus se paient en manœuvrabilité. Si le cahier des charges tient en un mot, exiguïté, le Phantas garde l'avantage : aucun logiciel ne fait entrer une machine plus large là où une plus fine passe.

Laver et aspirer, la mécanique du nettoyage

Sur le lavage, les largeurs sont proches mais construites différemment. Le Phantas lave sur 330 mm avec ses deux rouleaux, et élargit à 465 mm en mode aspiration. Le CC1 Pro annonce 500 mm utiles, brosse latérale comprise, et couvre donc une bande plus large à chaque passage. Côté débit, Pudu publie 700 à 1 000 m²/h en mode couverture complète et 1 500 à 3 000 m²/h en spot ciblé par IA ; il ne publie pas de rendement pratique distinct. Le Phantas est donné à 350 à 700 m²/h en pratique. Sur une même vacation, le CC1 Pro traite mécaniquement plus de surface en mode courant.

Là où le Phantas reprend la main, c'est sur la finition des bords : sa brosse latérale et ses capteurs lui permettent de nettoyer au ras des plinthes, à 0 mm. C'est une vraie signature, précieuse en clinique ou en agroalimentaire où l'hygiène des périphéries compte. Le CC1 Pro a bien une brosse latérale, mais ne revendique pas ce ras du mur à zéro millimètre.

Sur la pression de brossage, le Phantas documente 10 kg, cohérent avec un robot d'entretien léger mais vite limité sur un film gras tenace. Le CC1 Pro ne publie pas sa pression de brosse, ni la dépression d'aspiration : les 17 000 Pa du CC1 standard ne sont pas confirmés sur le Pro. Ces zones d'ombre existent des deux côtés ; en pratique, aucun de ces compacts n'est fait pour récurer une dalle industrielle incrustée, et le rendu réel sur salissures lourdes est à valider en conditions d'exploitation, selon vos sols.

La caméra arrière, l'argument qui fait la différence

Le CC1 Pro embarque, à l'arrière, une caméra pilotée par IA. La machine regarde le sol qu'elle vient de traiter, détecte les taches résiduelles et déclenche un re-nettoyage ciblé sur les zones ratées. La même intelligence surveille l'état des brosses et de la raclette : si un composant s'encrasse et commence à laisser des traînées, le système le repère et relance un passage ou alerte l'équipe, ce qui évite la pollution secondaire, ce moment où une machine mal entretenue étale la saleté au lieu de la retirer. En fin de tâche, le robot produit une carte thermique de propreté et une carte des points chauds de déchets.

Pour un prestataire tenu par un engagement de résultat, avec pénalités contractuelles à la clé, c'est un outil de preuve exploitable : on montre au client une cartographie du travail réellement accompli, zone par zone. Le Phantas dispose d'une intelligence de nettoyage, son Auto Spot Cleaning, qui concentre l'eau là où c'est sale et revendique jusqu'à quatre fois moins d'eau, d'énergie et de produit. C'est efficace, mais c'est une optimisation en amont, pas une vérification en aval : le Phantas décide où insister, il ne contrôle pas après coup qu'il a bien fait le travail. Sur la qualité prouvée et corrigée en autonomie, le CC1 Pro a une génération d'avance.

Réservoirs, batterie et station

Le CC1 Pro embarque 15 L d'eau propre et 15 L d'eau sale, plus un bac à déchets de 2,5 L et un sac de 6 L. Le Phantas propose 11,5 L et 10,5 L, plus 6 L de déchets en sac et 1 L en bac. Le Pudu a donc les plus grandes cuves, ce qui lui donne plus d'autonomie de lavage avant vidange. Mais aucun des deux ne joue dans la cour des grandes surfaces : sur un plateau de plusieurs milliers de mètres carrés en lavage continu, l'un comme l'autre multiplieront les retours au point d'eau, sauf à s'appuyer sur une station.

En batterie, le CC1 Pro s'appuie sur une LiFePO4 de 50 Ah pour 5 h de lavage et jusqu'à 9 h en dépoussiérage silencieux, avec une recharge d'environ 3 h. Le Phantas embarque une LFP 24 V / 40 Ah (environ 0,96 kWh) pour 4,5 h en lavage, jusqu'à 10 h en dépoussiérage, et recharge en 2 h seulement. Le Phantas gagne la vitesse de charge et l'endurance en dépoussiérage ; le CC1 Pro l'emporte sur l'autonomie de lavage effective. Match nul honnête, avec des priorités différentes.

C'est sur la station que l'écart se recreuse. Le Phantas est livré avec un dock de charge, mais la vidange de l'eau sale, le remplissage de l'eau propre et le rinçage des rouleaux passent par une station eau proposée en option. Le CC1 Pro mise sur une station tout-automatique qui gère la charge, l'eau, et le nettoyage automatique du rouleau et de la raclette : posé, il nettoie, revient se régénérer et repart, l'humain supervisant plutôt qu'entretenant. Deux nuances d'honnêteté : cette station est facturée en sus, comme la station eau du Phantas ; et le dock inclus du Phantas suffit à un besoin simple de recharge, sans surcoût.

Navigation, sécurité, exploitation

Le Phantas s'appuie sur un LiDAR 2D, deux caméras (profondeur 3D et RGB) et un SLAM multi-capteurs avec évitement dynamique à 360°, la cartographie s'éditant depuis l'application sans expert. Il est calibré pour des sites d'environ 1 000 m². Le CC1 Pro repose sur un SLAM visuel et laser fusionnés, sans marqueurs au plafond, qui couvre 5 000 à 8 000 m² par carte : il tient un grand plateau entier d'un seul tenant, là où le Phantas est calibré pour le millier de mètres carrés, et sa caméra arrière ajoute une couche de perception que le Phantas n'a pas.

Sur la sécurité, les deux affichent la conformité à l'IEC 63327, la norme dédiée aux machines de nettoyage autonomes, essentielle pour opérer en présence de public. Pour le Phantas, elle est portée par la version OEM TASKI, ce qui apporte la caution d'un acteur historique du nettoyage professionnel ; pour le CC1 Pro, elle est annoncée par Pudu, ce qui reste rare sur ce segment de prix. Côté connectivité, les deux sont en 4G et Wi-Fi, remontent des rapports au cloud et gèrent l'intégration aux ascenseurs pour le multi-étages. Le Phantas s'adosse au réseau de service TASKI ; le CC1 Pro hérite directement de l'architecture éprouvée du CC1, et s'appuie sur un écosystème logiciel ouvert, PUDU Link et son API, avec un réseau de service disponible en France, ce qui limite le risque du produit récent.

Prix et disponibilité, sans faux-semblant

Nous n'affichons pas de tarifs : ils dépendent de la configuration, de la présence ou non de la station, et du canal, et se calent au devis. La lecture relative, elle, est claire. À l'achat sec, le Phantas d'entrée de gamme est le plus accessible des deux, et son dock est inclus. Mais en location mensuelle, formule très courante chez les prestataires de propreté, le CC1 Pro se positionne nettement en dessous du Phantas selon les tarifs distributeurs constatés. Rapporté à ce qu'il embarque, contrôle qualité par IA, couverture grande surface, station complète et IEC 63327, il offre le meilleur rapport fonctions sur prix du duo, en gardant en tête que sa station complète n'est pas dans le tarif de base. Les deux sont réellement disponibles et servis en France.

Verdict

Le CC1 Pro gagne sur la fonction la plus stratégique, le contrôle qualité : il vérifie son propre travail, relave les zones ratées, surveille l'encrassement de ses brosses et documente le résultat. Aucun compact concurrent ne referme cette boucle aujourd'hui. Il gagne aussi sur la couverture par carte, sur les cuves, sur le débit en mode courant et sur le coût en location. Pour un prestataire ou un site tertiaire de 1 000 à 8 000 m² qui doit prouver ses résultats, c'est la proposition la plus complète.

Le Phantas n'est pas battu partout, et il serait malhonnête de le présenter comme dépassé. Il reste le plus compact du marché, imbattable dans les environnements réellement exigus, et son nettoyage de bord au ras des plinthes garde une longueur d'avance là où l'hygiène des angles est critique. Son dock est inclus, sa recharge est plus rapide, et son adossement à TASKI apporte une caution industrielle. Pour un besoin de très petit format ou une entreprise déjà dans l'écosystème Diversey, il reste le bon choix. Pour la demande générale du segment, un compact endurant, transparent sur son résultat et raisonnable à l'usage, le CC1 Pro répond mieux, sur davantage de critères.

En pratique, le bon arbitrage se joue sur votre site réel : encombrement, surface d'un seul tenant, exigence de finition des bords et de preuve du résultat. C'est ce que mesure un audit, sols en main, avant de recommander le modèle juste.

Questions fréquentes

Quelle est la vraie différence entre le CC1 Pro et le Phantas ?
Le Phantas est plus compact (445 mm de large) et lave les bords à 0 mm. Le CC1 Pro ajoute une caméra IA qui vérifie et relave les zones ratées, et couvre de bien plus grandes surfaces par carte. L'un privilégie l'accès aux espaces exigus, l'autre la preuve du résultat sur de plus grands plateaux.
Lequel choisir pour un plateau de bureaux de 3 000 m² ?
Le CC1 Pro : il tient une telle surface sur une seule carte, quand le Phantas est calibré pour environ 1 000 m². Pour une petite surface très encombrée, l'arbitrage s'inverse en faveur du Phantas.
Ces robots nettoient-ils vraiment seuls, sans opérateur ?
Avec leur station, ils enchaînent recharge, eau et, pour le CC1 Pro, nettoyage des brosses en cycle autonome. Un agent reste utile pour la supervision et les finitions. Le juste dimensionnement se valide en conditions réelles lors d'un audit.

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