Pudu BG1 Pro ou Gausium Scrubber 75 : le duel des grandes autolaveuses
20 juillet 2026 · 7 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Le Gausium Scrubber 75, référence lourde du lavage autonome depuis 2019, face au Pudu BG1 Pro dévoilé en mars 2026, qui promet de balayer et laver dans la même passe. Deux visions du même métier sur les milliers de mètres carrés de sols durs.
Deux machines, deux périmètres
Le point clé à comprendre d'abord : ces deux robots ne couvrent pas le même périmètre. Le Scrubber 75 est une autolaveuse au sens strict, il projette de l'eau et du détergent, brosse, puis aspire pour sécher, mais il ne ramasse pas les déchets secs. Sur un sol jonché de poussière et de cartons, il faut passer une balayeuse avant, ce que Gausium assume dans son propre écosystème, où le Scrubber 75 travaille souvent aux côtés d'une balayeuse Beetle. Le BG1 Pro intègre les deux étapes : un module de balayage à l'avant collecte les déchets secs dans un bac de 5 L, un module de lavage à l'arrière fait le travail humide dans la foulée. Il fait en un passage ce que la logique Gausium demande de répartir entre deux robots, ce qui peut diviser par deux le parc matériel. C'est son premier grand argument.
Cadence et rendement
Le Scrubber 75 affiche 3 000 m²/h en théorie et, surtout, un rendement pratique honnête de 700 à 1 400 m²/h selon l'encombrement. Le BG1 Pro annonce jusqu'à 6 000 m²/h en mode spot, sur zones ciblées repérées par IA, et environ 2 000 m²/h en couverture intégrale. Le 6 000 n'est pas un chiffre de couverture systématique, il faut être clair pour ne pas comparer des choux et des carottes : il correspond au traitement ciblé see-and-clean. Même en comparant les modes couverture entre eux, le BG1 Pro à 2 000 m²/h se place dans le haut du panier, quand le Scrubber 75 plafonne plus bas en pratique. Sa vitesse de croisière est légèrement supérieure, et son IA augmente la pression sur les taches et rétracte le balayage face à un liquide pour ne pas l'étaler, une logique adaptative que le Scrubber 75, plus ancien, n'implémente pas au même degré.
Bords, largeur et pression
Sur les bords, le BG1 Pro apporte une vraie réponse mécanique : une brosse disque physiquement extensible qui sort latéralement pour lécher les murs et les pieds de rayonnage, au plus près de zéro, là où le Scrubber 75 traite les angles avec une tête rotative à 270°, solution réelle mais moins radicale. Sur un centre commercial ou un hall d'aéroport, c'est un avantage tangible.
Mais il serait malhonnête de dérouler un réquisitoire à sens unique. Sur la largeur de lavage pur, le Scrubber 75 travaille sur 750 mm en une passe, quand le BG1 Pro ne couvre que 550 mm en lavage seul et n'atteint 708 mm qu'avec ses brosses latérales : pour du lavage sur grandes surfaces dégagées, le Gausium garde un atout structurel. Sur la pression de brosse, il annonce 45 kg d'appui, ce qui le place en lavage heavy duty, capable de décoller des salissures incrustées, quand Pudu ne communique tout simplement pas la pression du BG1 Pro. On ne peut pas comparer un chiffre solide à une donnée absente, et sur le décrassage lourd, le rendu réel du BG1 Pro est à valider en conditions d'exploitation.
Recyclage d'eau : l'argument RSE du Scrubber 75
C'est la plus belle carte du Gausium. Le Scrubber 75 embarque un recyclage d'eau multi-étages qui réinjecte l'eau nettoyée dans le circuit et économise 70 à 80 % d'eau propre, de l'ordre de plusieurs milliers de litres par mois. C'est ce qui explique que, malgré une cuve d'eau sale de 50 L contre 60 L pour le Pudu, il enchaîne jusqu'à six heures de travail sur un plein. Moins d'eau, c'est moins de détergent, moins de remplissages, moins de vidanges, et un discours RSE qui parle immédiatement à un directeur de site. Le BG1 Pro ne publie aucune donnée de recyclage : il compense par une cuve sale plus grande et un dosage de détergent piloté par IA à la précision millilitrique, mais il n'oppose rien d'équivalent. Sur la sobriété hydrique, le Scrubber 75 est clairement devant.
Énergie et stations
Le Scrubber 75 s'appuie sur une batterie LiFePO4 de 200 Ah en 24 V, environ 4,8 kWh, chimie réputée pour sa robustesse et sa longévité, pour 4 à 6 h d'autonomie et une recharge d'environ 5 h. Le BG1 Pro monte une batterie lithium de 90 Ah en 48 V, environ 4,3 kWh : l'architecture 48 V réduit les courants et les pertes, et Pudu annonce jusqu'à 7,5 h d'autonomie en balayage et lavage combinés, avec une recharge en 3 h sur alimentation suffisante. Autonomie plus longue et recharge plus rapide côté Pudu, mais la LiFePO4 du Scrubber 75 conserve un avantage de durée de vie que le terme générique lithium de la fiche BG1 Pro ne permet pas de vérifier.
Sur les stations, Gausium a une profondeur d'offre bâtie par le recul : docks et gamme de stations qui gèrent charge, apport d'eau propre et évacuation d'eau sale, un écosystème mûr et documenté, avec des déploiements à l'appui, dont un site agroalimentaire Coca-Cola où les robots tournent de façon autonome sur les créneaux creux. Le BG1 Pro propose une station tout-en-un optionnelle, remplissage, vidange et charge dans un seul module pour un fonctionnement continu, architecture aussi ambitieuse voire davantage, mais neuve : elle n'a pas encore le rodage terrain de l'écosystème Gausium. Le BG1 Pro promet mieux, le Scrubber 75 a déjà prouvé.
Navigation, sécurité et encombrement
Le Scrubber 75 impressionne par la densité de ses capteurs, deux LiDAR, six caméras 3D, ultrasons et antichute pour une vingtaine de capteurs, et une cartographie sémantique couvrant de très grandes surfaces avec détection fine des obstacles. Sa dotation sécurité est complète, gyrophare, projection au sol, pare-chocs sensitifs, marquage CE, même si l'IEC 63327 n'est pas revendiquée sur ce modèle précis. Le BG1 Pro adopte une approche plus resserrée mais très actuelle, une fusion LiDAR 3D et SLAM visuel 3D sur moteur bi-puce, ce qui distingue la version Pro et lui donne une localisation robuste dans les grands volumes et la nuit. Le bémol est réel : Pudu ne publie ni certification de sécurité, ni pente, ni indice IP, ni détail des antichute pour le BG1 Pro, fiche plus lacunaire que celle du Gausium sur la sécurité normative.
Sur l'encombrement, le Scrubber 75 est le plus imposant, 1 370 × 962 mm, 400 kg, passage minimum de 1 400 mm qui grimpe à 1 800 mm en parking souterrain. Le BG1 Pro est plus compact en emprise malgré son intégration balayage plus lavage, 1 195 × 760 mm, passage minimum de 850 mm, mais plus lourd à 344 kg. Ce passage de 85 cm contre 1,40 m ouvre au Pudu des sites plus resserrés où le Scrubber 75 ne passe tout simplement pas.
Maturité et disponibilité
Le Scrubber 75 est en service depuis 2019, décliné en versions, largement déployé, avec une référence documentée en environnement agroalimentaire exigeant, sur un site en rythme soutenu et fort trafic de chariots. Sept ans de terrain forgent une fiabilité que les fiches ne disent pas. Le BG1 Pro, dévoilé en mars 2026 et présenté en salon au printemps, en est à ses premiers pas, avec une première référence européenne chez un grand prestataire de propreté en avril 2026 : signal encourageant, mais recul mince. Nous n'affichons pas de prix : celui du Scrubber 75 est public et permet de bâtir un business case, quand le BG1 Pro se cale au devis, station en sus, ce qui est la contrepartie de la nouveauté. Là où Pudu promet, Gausium a déjà prouvé.
Verdict
Le BG1 Pro l'emporte, sur ce qui définit l'avenir du segment. Il fait en une passe ce que le Scrubber 75 répartit souvent sur deux machines, il monte plus haut en cadence avec une IA de nettoyage adaptatif, sa brosse extensible traite les bords au plus près de zéro, son architecture 48 V lui offre plus d'autonomie, sa station ouvre le fonctionnement continu, et sa fusion 3D lui donne une localisation robuste la nuit. C'est une machine de 2026 face à une architecture de 2019. Mais il gagne sans écraser : sur la largeur de lavage pur, la pression documentée, le recyclage d'eau, la richesse capteurs et la transparence sécurité, le Scrubber 75 reste devant, avec un écosystème de stations rodé, un prix public affiché et des références de terrain documentées sur béton. Le choix tient à ce que l'on cherche : balayer et laver de très grandes surfaces avec une seule machine moderne, le BG1 Pro ; un laveur lourd, large, sobre en eau et parfaitement rodé quitte à lui adjoindre une balayeuse, le Scrubber 75. Le vainqueur est désigné, le vaincu n'a pas démérité, et l'arbitrage final se cale sur vos sols réels lors d'un audit.
Questions fréquentes
Quelle différence de fond entre le BG1 Pro et le Scrubber 75 ?
Lequel consomme le moins d'eau ?
Le BG1 Pro est-il assez mûr pour un déploiement ?
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