Pudu MT1 Max ou Gausium MAX-SW : le duel des balayeuses grandes surfaces
20 juillet 2026 · 6 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Le Pudu MT1 Max, balayeuse robot cataloguée depuis l'été 2025, face au Gausium MAX-SW, dévoilé en première mondiale à Interclean Amsterdam en avril 2026. Comparer ces deux robots, c'est autant confronter des chiffres que deux degrés de maturité.
Deux balayeuses grandes surfaces, deux degrés de maturité
Le MT1 Max et le MAX-SW visent la même clientèle, les gestionnaires de très grandes surfaces où le balayage à sec est roi : parkings, plateformes logistiques, entrepôts, aéroports, esplanades commerciales, parcs industriels. Mais leur maturité diffère radicalement. Le MT1 Max est une balayeuse compacte lancée à l'été 2025, cataloguée, distribuée, décrite jusque dans le détail de ses capteurs. Le MAX-SW est une balayeuse extérieure haute capacité dévoilée en avril 2026, spectaculaire sur le papier mais encore à l'état de promesse. Sur ce type d'investissement, le choix ne se fait pas sur un communiqué.
Le balayage : largeur brute contre intelligence
Sur la seule largeur, le Gausium l'emporte nettement : 1 200 mm annoncés contre 700 mm pour le MT1 Max brosses latérales déployées, ce qui se traduit dans le rendement théorique, 6 480 m²/h à 1,5 m/s pour le MAX-SW contre 2 200 m²/h en couverture complète pour le Pudu. Pour balayer d'un trait une immense dalle vide, la large brosse de Gausium sera plus rapide, il faut le dire clairement.
Mais le MT1 Max ne joue pas la couverture brute, il joue le spot cleaning piloté par IA, et là son rendement grimpe jusqu'à 7 000 m²/h. Au lieu de balayer méthodiquement chaque mètre carré, il reconnaît les déchets en temps réel par ses caméras et concentre son effort sur les zones réellement sales. Sur un parking déjà globalement propre où traînent quelques papiers et mégots, cette approche est bien plus productive que de repasser partout. Le robot module même sa puissance et la posture de ses brosses selon la nature des débris, du mégot à la grande bouteille, avec un nettoyage jusqu'aux bords à 0 cm. Le MAX-SW annonce une brosse anti-enchevêtrement et une capacité à gérer une large gamme de débris, ce qui est crédible mais reste flou : ni le nombre de brosses, ni leur vitesse, ni le détail de l'aspiration, ni le nettoyage des bords ne sont communiqués. On sait qu'il balaie large, on ignore comment il balaie fin. Là où la donnée manque, c'est précisément ce qui est à valider en conditions réelles.
Sur le bac, en revanche, le Gausium prend un avantage opérationnel réel : 120 L avec un vidage autonome vers un point de décharge, contre 35 L à vidage manuel pour le MT1 Max. C'est un bel argument sur des tournées extérieures très salissantes, même si le fonctionnement précis et les prérequis d'installation de ce vidage autonome ne sont pas documentés à ce jour.
Mobilité, gabarit et usage extérieur
Le format du MT1 Max est parfaitement connu : 840 × 600 × 675 mm pour 85 kg, compact, bas, maniable, capable de se glisser dans des allées de parking et de tourner court entre des piliers, à vitesse réglable de 0,2 à 1,2 m/s. Pour le MAX-SW, c'est l'inconnu presque total : dimensions, poids, garde au sol, rayon de braquage et franchissement non publiés. Sa largeur de 1 200 mm, atout de rendement en espace ouvert, devient un handicap dès qu'il faut manœuvrer entre des obstacles rapprochés. On ne peut pas créditer une machine de qualités qu'elle n'a pas démontrées.
Sur l'étanchéité, Gausium affiche un IP55 contre IP54 pour le Pudu, un cran au-dessus sur le papier. Mais le MT1 Max double son IP54 d'un capteur de pluie qui déclenche un repli automatique vers une zone sûre : plutôt que de compter sur sa seule étanchéité, il reconnaît qu'il ne faut pas rester dehors et se met à l'abri. Cette gestion de l'intempérie, documentée, vaut souvent mieux qu'un point d'IP supplémentaire dont on ignore la tenue dans la durée.
Énergie et exploitation : le connu contre le vide
L'asymétrie devient criante. Le MT1 Max embarque une batterie 60 Ah, offre 5 à 10 h d'autonomie, 8 h en usage standard, se recharge en moins de 3,5 h et fonctionne en continu grâce à l'auto-docking. On dispose d'un tableau énergétique complet, qui permet de dimensionner un site et de prévoir l'exploitation de nuit. Pour le MAX-SW, la capacité de batterie, le temps de charge, la consommation et le niveau sonore ne sont pas communiqués : Gausium annonce un fonctionnement continu, mais on ne sait ni combien de temps la machine tient, ni combien de temps dure la recharge. Impossible de dimensionner une tournée. Le MT1 Max se planifie, le MAX-SW s'imagine.
Navigation et sécurité en milieu partagé
Sur des sites où circulent voitures, chariots et piétons, la sécurité autorise ou non à lâcher un robot de 85 kg au milieu du trafic. Le MT1 Max combine une navigation visuelle et un SLAM LiDAR 3D, avec détection d'objets à longue portée, architecture à double puce redondante, et surtout une gestion différenciée des obstacles mobiles : il s'arrête pour un véhicule, marque une pause aux entrées de voies, se range en bordure, et réagit spécifiquement aux surgissements de piétons et d'animaux. À cela s'ajoute une signalisation pensée pour la cohabitation, feu d'avertissement en hauteur visible d'un conducteur, projection lumineuse au sol, alarmes.
Le MAX-SW annonce une perception multi-LiDAR, une vision 360° et une détection de véhicules en mouvement, ce qui est logique pour un engin d'extérieur. Mais on s'arrête là : nombre de LiDAR, portée, caméras, surface cartographiable, ultrasons, tout est non communiqué, et rien n'indique qu'il distingue un piéton d'une voiture comme le fait le Pudu. Pour un décideur qui engage sa responsabilité en laissant tourner une machine près du public, cette différence n'est pas cosmétique.
Disponibilité et maturité : le facteur décisif
C'est le point qui structure tout. Le MT1 Max, lancé en août 2025, a près d'un an de vie commerciale à l'été 2026 : page produit complète, fiche détaillée, présence catalogue, réseau de service, disponibilité en France. Le recul terrain public reste modeste et certaines specs de second rang ne sont pas publiées, mais c'est une machine réelle, livrable, adossée à un constructeur qui déploie sa gamme mondialement. Le MAX-SW, dévoilé en avril 2026, n'a à cette date aucune page produit ni fiche complète : dimensions, poids, batterie, certifications inconnues, aucun retour client, aucun pilote documenté. C'est une annonce de salon, brillante et portée par un constructeur sérieux, mais une annonce. Nous n'affichons aucun prix ; celui du MT1 Max se cale au devis à partir d'une gamme aux tarifs connus, quand celui du MAX-SW n'existe pas encore, pas plus que sa disponibilité commerciale.
Verdict
À la lecture froide des seules capacités théoriques, le MAX-SW semble tenir le meilleur rôle : plus large, plus rapide en couverture brute, doté d'un bac géant à vidage autonome. Mais un robot de nettoyage ne s'achète pas sur un communiqué. Il s'achète sur une fiche qu'on peut opposer au constructeur, une sécurité qu'on peut vérifier, une exploitation qu'on peut planifier et une disponibilité qui permet de le mettre au travail. Sur tous ces terrains, le MT1 Max gagne, et largement, grâce à son intelligence de détail, sa navigation 3D à gestion différenciée du trafic, son capteur de pluie et son tableau énergétique complet. Le MAX-SW reste une très belle intention : sa largeur de 1 200 mm et son bac de 120 L en feront un concurrent sérieux le jour où il sera documenté, disponible et éprouvé. Ce jour-là, il faudra reprendre la comparaison. En attendant, pour un exploitant qui doit fonder une opération de propreté dès aujourd'hui, le choix ne fait pas débat.
Questions fréquentes
Le MAX-SW balaie plus large, pourquoi ne gagne-t-il pas ?
Le MT1 Max convient-il pour un parking extérieur ?
Quelle largeur de balayage pour le MT1 Max ?
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