Comparatif

Pudu MT1 Max ou Adlatus SR1300 : le duel des balayeuses industrielles autonomes

20 juillet 2026 · 12 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Allée d'entrepôt logistique au sol dur balayé

Deux façons de robotiser le balayage d'un grand site. L'allemande Adlatus SR1300, balayeuse industrielle lourde adossée au groupe Neura Robotics, avec son bac de 115 L qui se vide seul en station. La chinoise Pudu MT1 Max, robot de service compact bourré de perception 3D, qui sort à l'air libre là où sa rivale reste à l'intérieur. Deux philosophies, un verdict qui penche pour la polyvalence.

Deux philosophies du balayage

La SR1300 est une balayeuse aspirante au sens le plus industriel du terme. Sa brosse centrale cylindrique mesure 800 mm, et deux brosses latérales de pré-balayage portent la largeur de travail jusqu'à 1 271 mm avec les deux brosses. Sur un hall vide et rectiligne, cette envergure fait la différence : plus la bande balayée est large, moins il faut d'allers-retours pour couvrir une dalle de béton. Derrière, une turbine aspire les poussières dans un système de filtration à poche de grande surface, avec une puissance système annoncée de 3 kW. On est clairement dans le registre de l'entrepôt poussiéreux, là où il faut capter du fin sur de grandes distances sans saturer les filtres.

La MT1 Max, elle, balaie sur 700 mm avec un rouleau central et des brosses latérales, en atteignant les bords à 0 cm. C'est plus étroit que la SR1300, il faut le reconnaître d'emblée : l'Allemande a l'avantage brut de la largeur. Mais Pudu ne joue pas la même carte. Ses brosses latérales bénéficient d'une adaptation de posture pilotée par IA, et surtout la puissance de balayage se module automatiquement selon la nature du débris détecté, réduite sur les déchets légers pour éviter de les disperser, augmentée sur les objets lourds. Elle avale aussi bien un mégot ou un morceau de papier qu'une grande bouteille en plastique, en un seul passage. Son filtre se nettoie tout seul en continu grâce à un système de vibration interne qui garde l'aspiration efficace. Adlatus, de son côté, propose des brosses principale et latérales démontables sans outil, ce qui facilite l'entretien, mais ne communique ni la classe de filtration, ni la pression de brosse, ni le débit d'air.

Capacité et vidage : le gros atout industriel de la SR1300

Sur le volume de rétention, l'écart est net et c'est le grand point fort de la SR1300 : son bac de 115 L écrase les 35 L de la MT1 Max. Trois fois plus de capacité, cela signifie beaucoup moins de cycles de vidage sur un site très encrassé. Et Adlatus va plus loin : couplée à sa station de service S1300, la SR1300 vide automatiquement ce bac de 115 L dans un conteneur dédié, en plus de recharger sa batterie. C'est un vidage autonome des déchets, un vrai atout d'exploitation. La MT1 Max, à l'inverse, se contente d'un auto-docking pour la recharge : son bac de 35 L se vide à la main. Sur ce point précis, capacité de rétention et purge autonome des déchets, la SR1300 gagne nettement, et il serait malhonnête de le nier. Pour un entrepôt qui génère de gros volumes de débris grossiers, ce bac géant qui se purge seul pèse lourd.

Rendement : couverture régulière contre pic ciblé

Les chiffres de rendement demandent à être lus avec soin, car les deux constructeurs ne mesurent pas la même chose. La SR1300 affiche environ 1 875 m²/h en balayage, et surtout une autonomie surfacique de 45 000 m² balayés sur 24 heures grâce à l'enchaînement des cycles permis par la recharge et le vidage automatiques en station. Attention à ne pas confondre les deux : un rendement horaire n'est pas une surface par charge. Ce 45 000 m² sur 24 heures est l'argument commercial phare d'Adlatus, et il est solide, il traduit une machine capable de tourner en continu, nuit comprise, sans qu'un agent ait à intervenir.

La MT1 Max annonce 2 200 m²/h en couverture complète, soit déjà davantage que la SR1300 à l'heure malgré une largeur de travail plus faible, signe d'une vitesse et d'une efficacité de trajectoire supérieures. Mais son chiffre spectaculaire est ailleurs : jusqu'à 7 000 m²/h en spot cleaning IA. Plutôt que de balayer méthodiquement toute la surface, la machine repère par vision les zones réellement sales et ne traite que celles-là. Sur un parking ou un hall où la saleté n'est pas uniforme, quelques feuilles ici, des mégots près des entrées, une zone propre au milieu, ce ciblage permet de couvrir énormément de terrain en peu de temps. Et parce qu'elle vise des sites allant jusqu'à 100 000 m², la MT1 Max se positionne d'emblée sur des périmètres plus vastes. Le contraste est philosophique : Adlatus garantit un abattage régulier et prévisible sur 24 heures, ce qui rassure sur un entrepôt à salissure homogène ; Pudu propose un rendement adaptatif qui explose quand la saleté est localisée, ce qui est le cas de la plupart des environnements réels.

Gabarit, pente et environnement de travail

Physiquement, ces deux robots ne jouent pas dans la même catégorie de poids. La SR1300 est imposante : 1 163 × 1 003 × 1 506 mm pour 448 kg à vide. La MT1 Max tient dans 840 × 600 × 675 mm pour 85 kg, soit à peine plus de la moitié de la longueur, deux fois moins large, deux fois moins haute, et cinq fois plus légère. Cette différence a des conséquences concrètes : la MT1 Max se faufile dans des allées interdites à la SR1300, se transporte plus facilement d'un site à l'autre, et présente une silhouette basse rassurante dans les zones fréquentées. Cela dit, Adlatus a fait un vrai travail de manœuvrabilité pour ce tonnage : sa roue avant directrice motorisée lui permet de tourner sur place, une prouesse pour 448 kg, et de faire demi-tour entre deux murs distants de 3 000 mm.

Sur la pente, l'écart devient nettement favorable à Adlatus. La SR1300 franchit des rampes jusqu'à 20 %, soit 11,3°, ce qui est rare et précieux pour une balayeuse robotisée : elle monte les rampes d'un parking à étages ou d'un quai de chargement. La MT1 Max, elle, ne publie aucune pente maximale : Pudu annonce un franchissement de pentes et d'obstacles sans donner de valeur, et cette caractéristique reste donc à valider en conditions réelles selon la configuration du site. Sur un site multi-niveaux à rampes raides, l'Allemande a un avantage mécanique documenté que la Pudu ne peut pas opposer sur le papier.

Mais c'est sur l'environnement de travail que Pudu reprend l'ascendant, et c'est peut-être le critère le plus structurant de ce comparatif. La SR1300 est explicitement une machine d'intérieur : halls, entrepôts, zones logistiques couvertes. Elle n'a pas d'indice IP communiqué. La MT1 Max est certifiée IP54, protégée contre la poussière et les projections d'eau, et embarque un capteur de gouttes qui déclenche un repli automatique vers une zone sûre dès qu'il détecte la pluie. Résultat : elle travaille en intérieur, en semi-extérieur et en extérieur, sur les parkings à ciel ouvert, les parvis, aux abords des quais. Elle a ses limites, Pudu exclut explicitement l'usage par météo extrême, mais elle ouvre tout un domaine d'application, celui des zones semi-couvertes, qui reste fermé à la SR1300. Pour un exploitant dont le site mêle intérieur et extérieur, ce seul critère peut trancher.

Navigation et sécurité : la certification contre la perception

La SR1300 navigue grâce à la plateforme ADLATUS Trusted Robotics, fondée sur une fusion multi-capteurs dont le détail n'est pas publié. Surtout, Adlatus a fait certifier son évitement de collision au niveau de performance D, conforme à la norme IEC 63327 dédiée aux machines de nettoyage autonomes. C'est un point fort majeur, trop souvent négligé : cette certification tierce autorise formellement la machine à évoluer dans des zones recevant du public, avec un niveau de fiabilité fonctionnelle démontré. Adlatus ajoute une conception respectueuse de la vie privée, aucune donnée personnelle enregistrée, et un fonctionnement possible sans connexion Internet permanente, deux arguments qui parlent aux directions informatiques européennes soucieuses de conformité RGPD. Sur le volet sécurité normée et souveraineté des données, la SR1300 est irréprochable.

Mais la MT1 Max joue dans une autre dimension de perception. Elle combine VSLAM, marqueurs et un LiDAR 3D SLAM, avec une détection d'objets à longue portée qui reste fiable de nuit, sous de hauts plafonds et dans des environnements à fortes interférences, précisément les conditions d'un parking souterrain ou d'un entrepôt en travail nocturne. Là où la SR1300 se contente d'éviter les collisions, la MT1 Max identifie la nature de ce qu'elle rencontre grâce à ses caméras IA : elle distingue les déchets, les piétons, les véhicules et même les animaux, et adapte sa stratégie à chacun. Elle s'arrête pour laisser passer un véhicule, se range en bordure pour céder le passage tout en poursuivant sa tâche, et réagit aux surgissements imprévus. S'y ajoute une signalisation active pensée pour le trafic mixte : un feu d'avertissement à 1,2 m de hauteur, une projection lumineuse au sol et des alarmes. Il faut être honnête : la MT1 Max ne publie pas de certification de sécurité formelle équivalente à l'IEC 63327 d'Adlatus, l'Allemande garde donc une longueur d'avance documentaire. Mais sur la richesse de perception, l'intelligence comportementale et la signalisation, la Pudu est d'une génération au-dessus.

Énergie et exploitation

Sur l'énergie, les deux visent la même ambition, tourner en continu, mais avec des niveaux de transparence différents. La MT1 Max annonce une batterie lithium de 60 Ah, une autonomie de 5 à 10 heures selon le mode, 8 heures en standard, et une recharge en moins de 3,5 heures ; couplée à son auto-docking, elle enchaîne les cycles. Les chiffres sont clairs et permettent de dimensionner un site. La SR1300 est plus avare : sa batterie est remplaçable par le côté, en 24 V, mais ni la capacité, ni l'autonomie horaire, ni la technologie exacte ne sont publiées. Ce qu'Adlatus met en avant, c'est le résultat système : grâce à la station S1300 qui recharge automatiquement, une charge inductive étant même évoquée, et au retour autonome vers cette station, la machine atteint ses 45 000 m² sur 24 heures. C'est une belle promesse d'exploitation, mais l'opacité sur l'autonomie réelle complique le dimensionnement précis. On sait ce que la machine fait sur 24 heures, on ne sait pas combien de temps elle tient sur une charge.

Écosystème, maturité et positionnement

Un robot professionnel s'achète avec l'infrastructure logicielle qui permet de le piloter, de le superviser et de gérer une flotte. Adlatus reste dans une logique d'intégration industrielle solide mais classique : la SR1300 se connecte aux équipements du bâtiment, portes automatiques et alarmes incendie, et envoie ses rapports de nettoyage par e-mail, sans nécessiter de connexion Internet permanente. C'est fiable, sobre, et cela conviendra à un site qui préfère garder ses données en local. Adossée au groupe Neura Robotics, avec son ancrage d'ingénierie allemande, c'est une machine sérieuse et pérenne.

Pudu joue une autre carte, celle de l'ouverture. La MT1 Max s'appuie sur PUDU Link pour la supervision, sur des rapports cloud, et sur l'API de la PUDU Open Platform qui permet aux intégrateurs d'accéder aux fonctions cœur du robot pour développer leurs propres solutions. Elle gère l'IoT des ascenseurs et des portiques, ce qui la rend capable d'opérer sur plusieurs niveaux d'un bâtiment. Distribuée en France, elle s'appuie sur un réseau de service qui soutient la disponibilité des pièces et la maintenance. En profondeur d'écosystème logiciel et en capacité d'intégration, l'avantage penche vers Pudu ; en sécurité normée et en souveraineté des données, il reste chez Adlatus. À chacun de peser ce qui compte pour son site.

Prix et retours terrain

Sur le prix, les deux camps cultivent l'opacité : la SR1300 se vend sur devis, en solution complète robot plus station S1300 ; la MT1 Max se vend elle aussi sur devis, station de charge en sus. Impossible de trancher au centime près. En relatif, compte tenu du gabarit imposant de la SR1300, de sa station de vidage sophistiquée et de son positionnement industriel haut de gamme, il est raisonnable de penser que la Pudu offre un meilleur rapport capacités-prix pour une machine de cette technicité, même si l'absence de tarifs publics des deux côtés impose la prudence. Côté retours terrain, l'honnêteté commande de reconnaître que ni l'une ni l'autre n'aligne un long historique public : la MT1 Max n'a été lancée qu'en août 2025, son recul est limité et aucune référence client n'est publiquement documentée ; la SR1300 existe depuis 2022, ce qui lui donne trois ans d'antériorité, mais sa fiche ne cite pas non plus de référence nominative, au-delà de ses cibles logistique, industrie et aéroports.

Verdict

La SR1300 est une excellente balayeuse industrielle d'intérieur, et cela reste clair. Son bac de 115 L à vidage autonome en station est un modèle d'exploitation, sa largeur de travail jusqu'à 1 271 mm abat du terrain sur les grands halls vides, son franchissement de rampes à 20 % est rare et utile, sa manœuvrabilité malgré 448 kg force le respect, et sa sécurité certifiée au niveau de performance D selon l'IEC 63327, doublée d'une conception respectueuse de la vie privée, en fait un choix rassurant pour un entrepôt européen exigeant sur la conformité.

Mais la MT1 Max est plus polyvalente, plus intelligente et mieux outillée pour le monde réel. Elle sort à l'air libre grâce à son IP54 et à son capteur de pluie, ce que la SR1300 ne sait pas faire. Elle voit mieux et comprend ce qu'elle voit, avec sa fusion VSLAM et LiDAR 3D, sa détection différenciée des piétons, véhicules et animaux, et sa signalisation active qui la rendent exploitable au milieu du trafic. Elle nettoie plus finement grâce à son adaptation de puissance par IA et à son spot cleaning jusqu'à 7 000 m²/h, tout en visant des sites jusqu'à 100 000 m². Elle s'exploite plus simplement, avec des chiffres d'autonomie transparents et un écosystème ouvert. La SR1300 gagne sur la capacité de bac, le vidage autonome, la largeur brute, la pente et la certification de sécurité formelle. La MT1 Max gagne sur la polyvalence intérieur-extérieur, la perception, l'intelligence de nettoyage, la lisibilité de l'exploitation et l'ouverture de l'écosystème. Pour la majorité des exploitants qui cherchent une balayeuse capable de couvrir des environnements variés et de circuler en sécurité parmi les hommes et les véhicules, c'est la MT1 Max qu'il faut choisir, le choix final se validant sur votre site lors d'un audit.

Questions fréquentes

La SR1300 balaie plus large, pourquoi ne l'emporte-t-elle pas ?
Sa largeur jusqu'à 1 271 mm et son bac de 115 L à vidage autonome sont de vrais atouts industriels à l'intérieur. Mais elle reste cantonnée aux sites couverts, ne publie pas sa pente ni son autonomie horaire, et n'offre pas la perception 3D ni la signalisation de la MT1 Max. Sur un site varié et fréquenté, la polyvalence et la sécurité comportementale de la Pudu pèsent davantage.
Quelle machine pour un site qui mêle intérieur et extérieur ?
La MT1 Max : certifiée IP54, avec un capteur de pluie qui la met à l'abri, elle travaille en intérieur, en semi-extérieur et en extérieur, hors météo extrême. La SR1300 est explicitement une machine d'intérieur, sans indice IP communiqué, et ne cherche pas ce terrain.
Laquelle est la plus sûre pour circuler devant du public ?
Les deux le sont, différemment. La SR1300 affiche une certification IEC 63327 au niveau de performance D, une preuve de sécurité normée que la MT1 Max n'a pas. La MT1 Max mise sur la perception, elle reconnaît piétons, véhicules et animaux et signale sa présence par un feu à 1,2 m et une projection au sol. Certification formelle pour l'une, intelligence comportementale pour l'autre.

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