Comparatif

Pudu MT1 Max ou Kemaro K900 : le duel des balayeuses à sec autonomes

20 juillet 2026 · 7 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Allée d'usine au sol dur balayé

Deux balayeuses autonomes qui travaillent à sec, sans une goutte d'eau ni de détergent, mais deux philosophies presque opposées. Le Pudu MT1 Max, plateforme récente qui mise sur la perception 3D et l'IA, face au Kemaro K900, mécanique suisse ultra-plate affinée depuis 2016, taillée pour se glisser sous les racks.

Deux gabarits, deux visions du terrain

Le Kemaro K900 mesure 790 × 720 × 350 mm pour 32 kg batteries comprises. C'est un robot que l'on pourrait presque enjamber. Cette silhouette écrasée n'a rien d'anodin : à 35 cm de hauteur, le K900 passe sous les racks de stockage, sous les convoyeurs et sous les tapis roulants, là où une autolaveuse classique se cognerait. Pour un exploitant d'entrepôt à hauts racks ou de halle encombrée, ce demi-mètre de garde compte plus que n'importe quelle fiche de rendement.

Le MT1 Max joue une tout autre partition : 840 × 600 × 675 mm hors feu de signalisation, 85 kg, soit presque le triple de la masse du suisse et le double de la hauteur. Ce n'est pas un robot qui se faufile sous les convoyeurs, c'est un engin qui assume sa présence et qui veut se voir, sa hauteur lui servant de socle pour la signalisation de sécurité. Là où le K900 se fait discret, le MT1 Max occupe l'espace. Le paradoxe apparaît sur la largeur de travail : le Kemaro balaie 900 mm en un passage, contre 700 mm pour le Pudu, brosse latérale comprise. Sur le papier, la bande du suisse est plus large de 20 cm, vrai atout souvent sous-estimé dans une allée dégagée et rectiligne.

Le balayage : largeur contre vitesse et intelligence

Ce chiffre flatteur ne suffit pourtant pas à renverser le rapport de force, parce que la largeur ne fait pas le rendement. Le K900 avance à 0,7 m/s et plafonne à 1 000 m²/h en cadence théorique. Le MT1 Max monte jusqu'à 1,2 m/s et revendique 2 200 m²/h en couverture complète, soit plus du double du débit horaire du suisse malgré une bande plus étroite. La vitesse et l'intelligence de trajectoire compensent, et au-delà. Surtout, le Pudu ne se contente pas de couvrir : ses caméras d'IA reconnaissent les déchets en temps réel et déclenchent un nettoyage ciblé, le spot cleaning, qui pousse la productivité utile jusqu'à 7 000 m²/h en concentrant l'effort sur les seules zones sales. Le K900 balaie méthodiquement partout ; le MT1 Max choisit où insister. Sur un site étendu où la saleté est localisée, cette différence se lit directement en heures-machine.

Le bac, la filtration et la manière de ramasser

Sur la collecte, les deux robots tombent d'accord au litre près : 35 litres de bac chacun, sans vidage automatique à la station, un opérateur passe régulièrement vider. Match nul sur le volume. La différence se niche dans la filtration, et c'est un terrain où le Kemaro met de l'orgueil. Il fait de son filtre autonettoyant breveté un argument central : une surface filtrante de 2 m² qui se décolmate seule et qui, couplée à une soufflante mettant le robot en dépression, capte les poussières fines au lieu de les remettre en suspension. Dans un environnement chargé, poussières de béton, résidus de production, particules d'emballage, ce filtre améliore la qualité de l'air ambiant pendant que le robot travaille, revendiqué comme un progrès sanitaire autant que technique. C'est un point fort authentique du K900.

Le MT1 Max répond avec son propre filtre à nettoyage automatique, mais Pudu n'en donne ni la classe ni la surface exacte, ce qui oblige à rester prudent sur la comparaison brute : sur la maîtrise documentée des poussières, le K900 communique mieux. En revanche, le Pudu apporte une astuce que le suisse n'a pas, l'adaptation de puissance pilotée par l'IA : le robot module en direct la force de son brossage selon la nature des débris rencontrés, du mégot à la bouteille, et nettoie les bords à zéro distance, capable de suivre murs et piliers sans laisser la bande sale qui trahit d'ordinaire les balayeuses autonomes.

Navigation et sécurité

Le K900 se repère avec un LiDAR 2D en couronne calculant les distances sur 270°, doublé d'une caméra 3D qui comble les angles morts, avec cartographie live et multi-cartes. Il signale sa présence par un projecteur lumineux au sol qui prévient caristes et employés, un vrai atout de cohabitation en entrepôt. Le MT1 Max s'appuie sur une navigation visuelle et un SLAM LiDAR 3D, avec détection d'objets à longue portée, architecture redondante et surtout une gestion différenciée des obstacles mobiles : il s'arrête pour un véhicule, se range en bordure, et réagit spécifiquement aux surgissements de piétons. Sa signalisation combine feu d'avertissement en hauteur, projection lumineuse au sol et alarmes. Aucun des deux ne revendique de certification de securite formelle pour ces modeles, zone d'ombre commune : le K900 mise sur la discrétion et la signalisation projetée, le MT1 Max sur la finesse de sa détection 3D et l'anticipation.

Énergie et exploitation continue

Le K900 embarque une batterie lithium de 36 V et environ 540 Wh, se recharge en à peu près une heure et demie, et couvre jusqu'à 20 000 m² entre deux passages à sa station, jusqu'à 100 000 m² en configuration multi-stations. Sa recharge express est un atout réel pour tourner en boucle. Le MT1 Max s'appuie sur une batterie de 60 Ah, une autonomie de 5 à 10 heures selon le mode, une recharge en moins de 3,5 heures et un auto-docking pour un fonctionnement continu, avec un rythme documenté de trois cycles par jour. Les deux tournent donc sans opérateur sur le cycle énergétique, le K900 par recharge express fréquente, le MT1 Max par longue autonomie et retour au dock. La logique patrouille puis spot du Pudu économise en outre la batterie en concentrant l'effort là où il compte.

Usage, polyvalence et environnement

C'est là que les périmètres divergent le plus. Le K900 est un spécialiste assumé du balayage à sec sur sols durs industriels, sans eau ni chimie, décliné en une version dédiée aux zones humides, et il grimpe des pentes d'environ 6,8°. Mais Kemaro ne met pas en avant d'usage extérieur : c'est une machine d'intérieur, pensée pour les entrepôts, halles et parkings couverts. Le MT1 Max, lui, assume l'extérieur avec une étanchéité renforcée et un capteur de pluie qui déclenche un repli automatique vers une zone sûre, et prend en charge des pentes plus marquées. Pour un site qui mêle intérieur et abords couverts, rampes de quai ou zones semi-exposées, le Pudu couvre un périmètre que le K900 ne cherche pas à atteindre. À l'inverse, pour se glisser sous des convoyeurs bas et des racks serrés, l'ultra-plate suisse reste imbattable.

Prix et maturité

Nous n'affichons pas de tarifs, et le K900 se vend de toute façon sur devis. En relatif, le Pudu s'appuie sur la trajectoire de prix agressive de sa gamme, quand le Kemaro, produit d'une manufacture suisse de niche, se positionne comme un investissement spécialisé dont la valeur tient à son format unique et à sa filtration. Sur la maturité, le K900 capitalise sur une conception affinée depuis 2016 et des références de terrain documentées, dont un transporteur logistique et un réseau de transports publics urbains, gage de fiabilité sur des sites exigeants. Le MT1 Max, lancé à l'été 2025, a un recul plus mince et certaines specs de second rang non publiées, mais il s'adosse à un écosystème et à un réseau de service bien plus larges, qui rassurent sur la disponibilité des pièces et la durée de vie de l'investissement.

Verdict

Le MT1 Max l'emporte, non parce que le K900 démérite, il est même excellent dans son couloir, mais parce que le robot de Pudu joue dans une catégorie de polyvalence et de couverture que le suisse ne cherche pas à atteindre. Il va deux fois plus vite, cible la saleté par IA jusqu'à 7 000 m²/h là où le K900 balaie tout à 1 000 m²/h, nettoie les bords à zéro, assume l'extérieur et la pente, et s'appuie sur un écosystème de service dense. Le Kemaro K900 reste un choix de niche parfaitement défendable, et le meilleur outil pour un besoin précis : se faufiler sous des racks et des convoyeurs que sa hauteur de 35 cm est seule à franchir, balayer 900 mm par passage dans des allées dégagées, et maîtriser les poussières fines grâce à son filtre autonettoyant breveté de 2 m², le tout dans une mécanique suisse mûre et éprouvée. Là où le besoin tient en un mot, exiguïté verticale ou qualité de l'air, le K900 est le bon choix. Pour la majorité des exploitants qui cherchent à couvrir vite, intelligemment et dedans comme dehors, c'est le MT1 Max qui remporte ce duel. Le dernier mot revient toujours au site lui-meme, qu'une visite technique permet de qualifier.

Questions fréquentes

Le Kemaro K900 balaie plus large, pourquoi ne gagne-t-il pas ?
Ses 900 mm de largeur sont un atout dans une allée dégagée, mais il avance à 0,7 m/s pour 1 000 m²/h, quand le MT1 Max monte à 1,2 m/s et 2 200 m²/h en couverture, jusqu'à 7 000 en spot par IA. La vitesse et le ciblage compensent la bande plus étroite du Pudu.
Quel robot pour un entrepôt à hauts racks et convoyeurs bas ?
Le Kemaro K900 : ses 35 cm de hauteur lui permettent de passer sous les racks, les convoyeurs et les tapis roulants, là où le MT1 Max, plus haut, ne se glisse pas. C'est son domaine de pertinence par excellence.
Le MT1 Max fonctionne-t-il en extérieur, contrairement au K900 ?
Oui : le MT1 Max assume l'extérieur avec une étanchéité renforcée, un capteur de pluie qui le met à l'abri et des pentes plus marquées. Le K900 est présenté comme une machine d'intérieur pour entrepôts, halles et parkings couverts.

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