Pudu MT1 ou Gausium Beetle : le duel des balayeuses autonomes compactes
20 juillet 2026 · 8 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Deux balayeuses autonomes compactes lancées en 2024, presque jumelles sur la fiche, mais deux philosophies d'exploitation : le Gausium Beetle raisonne en couverture, le Pudu MT1 en patrouille puis nettoyage ciblé. À l'usage, cette différence pèse.
Deux façons d'attaquer la saleté
La première différence est presque doctrinale. Le Beetle raisonne d'abord en couverture : rendement théorique de 3 240 m²/h et capacité à traiter de très grandes surfaces en une nuit, en passant méthodiquement partout, allée après allée, que le sol soit sale ou non. C'est la logique classique de la balayeuse industrielle, pertinente sur une dalle béton uniformément poussiéreuse. Il dispose bien d'un mode spot piloté par ses caméras, mais c'est chez lui une fonction d'appoint.
Le MT1 inverse la hiérarchie : sa signature, c'est la patrouille suivie du nettoyage ciblé. Ses caméras d'IA reconnaissent les détritus en temps réel, du mégot à la bouteille, et il ne déclenche un balayage énergique que là où la saleté existe. En mode spot, Pudu revendique jusqu'à 6 000 m²/h contre 1 800 m²/h en couverture standard. Ce 6 000 n'est pas une vitesse de balayage brute mais une productivité utile : sur un site étendu où la saleté est localisée, hall de centre commercial, quai de gare, allée fréquentée par endroits, concentrer l'effort fait gagner un temps considérable par rapport à un quadrillage aveugle. C'est précisément le cas d'usage dominant des grands espaces intérieurs modernes, où la crasse se concentre aux entrées et le long des flux. Le MT1 est taillé pour cette réalité, quand le Beetle reste une machine de couverture qui sait faire du spot en second rideau.
Brossage et captation
Sur la mécanique, le Beetle marque des points. Il aligne un rouleau cylindrique central capable de pelleter les débris volumineux, encadré de deux brosses latérales, une architecture qui pardonne les gros déchets et les sols rugueux, avec une plage de sols large, béton, époxy, PVC, asphalte, surfaces caillouteuses. Le MT1 adopte deux brosses disques latérales couplées à une aspiration filtrée, sans gros rouleau central, ce qui le rend un peu moins bulldozer face aux débris les plus grossiers, mais son adaptation IA module la puissance pour ne pas disperser les déchets légers, défaut classique des balayeuses trop agressives. Les deux partagent une qualité rare sur ce segment : le nettoyage des bords à zéro distance, capable de suivre murs et piliers. Si le seul critère était ramasser du gros débris sur dalle brute, le rouleau du Beetle a un léger avantage ; dès qu'on passe à des environnements mixtes, le duo disques plus aspiration filtrée du MT1 fait le travail.
Bac, filtration et poussières
C'est un chapitre où le Beetle prend une longueur d'avance nette et honnête. Son bac de 45 L dépasse les 35 L du MT1, près de 30 % de plus, donc des vidages moins fréquents sur les sites qui génèrent du volume. Ni l'un ni l'autre n'a de vidage automatique à la station : un opérateur vient vider le bac à la main. Sur la filtration, le Beetle met en avant un filtre HEPA à auto-nettoyage qui se purge après chaque tâche, argument sérieux en agroalimentaire ou pharmaceutique, quand Pudu ne publie ni la classe exacte, ni la dépression, ni le débit d'air du MT1. Sur la maîtrise documentée des poussières, le Beetle communique mieux et rassure davantage.
Gabarit et agilité
Le rapport de forces s'inverse sur l'encombrement. Le Beetle mesure 990 × 750 × 680 mm et pèse 102 à 112 kg selon la version Standard ou Pro. Le MT1 est nettement plus ramassé : 840 × 600 × 490 mm pour 65 kg. Surtout, le MT1 réalise 700 mm de largeur de balayage avec un corps de 600 mm, là où le Beetle a besoin d'un châssis de 750 mm pour balayer 750 mm : presque la même largeur utile dans une empreinte plus étroite, plus basse et deux fois moins lourde. Cette compacité a des conséquences pratiques : un robot de 65 kg et 49 cm de haut se manipule plus facilement, sollicite moins les sols fragiles et se déplace plus discrètement. Le MT1 annonce un passage minimal de 750 mm, quand le Beetle, plus large et handicapé par un demi-tour de 1 200 mm, renonce ou multiplie les manœuvres dans les allées serrées. Dans un centre commercial contraint ou un site tertiaire encombré, la maniabilité du MT1 change le quotidien.
Pente et usage extérieur
Ici, il faut être juste : le Beetle a un argument que le MT1 de base ne revendique pas. Gausium annonce une pente de 8° (une fiche de distributeur mentionne une valeur plus prudente de 4,6°) et un usage assumé en intérieur comme en extérieur, avec franchissement de seuils d'environ 20 mm. Pour des rampes de quai ou des liaisons entre bâtiments, cette aptitude est un vrai plus. Le MT1 de base est conçu pour l'intérieur et ne publie pas de pente franchissable ; c'est la déclinaison MT1 Max, durcie et étanche, qui prend en charge l'extérieur et les pentes. Si le besoin comporte des rampes ou des zones extérieures, le MT1 de base n'est pas le bon outil, il faut regarder le Beetle ou le MT1 Max. C'est une niche réelle où le Gausium reste pertinent.
Énergie et exploitation continue
C'est le cœur du match, et le MT1 y reprend la main sur l'essentiel : non la performance instantanée, mais la capacité à travailler vraiment sans opérateur, jour et nuit. Les deux jouent dans le même registre d'autonomie, 4 à 8 h pour le MT1, 3 à 5 h selon la version du Beetle, sur des batteries lithium comparables, et le Beetle recharge en moins de 2,5 h contre moins de 3 h pour le MT1, avantage chronométrique marginal au Gausium. Mais l'exploitation ne se résume pas au temps de charge. Le MT1 est explicitement pensé pour un fonctionnement continu via auto-docking, avec un rythme documenté de trois cycles par jour. Le Beetle propose aussi la charge à opportunité et le fonctionnement continu, la fonction existe des deux côtés ; la différence est de lisibilité. Surtout, la logique patrouille puis spot du MT1 économise mécaniquement la batterie en concentrant l'effort : là où le Beetle dépense de l'énergie à couvrir des surfaces déjà propres, le MT1 la dépense au bon endroit, ce qui se traduit par plus d'heures utiles pour un même parc.
Navigation et écosystème
Sur les capteurs, la comparaison est équilibrée et réserve un point au Beetle : son LiDAR 3D perçoit le volume, gère mieux les obstacles en hauteur et brille dans les entrepôts sombres et vastes. Le MT1 fait un choix différent mais abouti, une navigation visuelle plus LiDAR 2D adossée à trois caméras de profondeur et une caméra IA dédiée, une vision dense mieux alignée sur sa mission, identifier et cibler la saleté. Le MT1 ajoute l'interopérabilité IoT avec ascenseurs et portes automatiques, ce que le Beetle ne documente pas clairement pour les ascenseurs. La certification IEC 63327 n'est revendiquee par aucun des deux, zone d'ombre commune. Enfin, le MT1 s'inscrit dans un écosystème plus mûr : une plateforme unifiée qui pilote balayeuses, autolaveuses et robots de service du même constructeur, adossée à un déploiement mondial et à une distribution dense, ce qui compte pour un exploitant multi-sites qui veut mêler un MT1 pour le balayage et un CC1 pour le lavage sous une même bannière. Nous n'affichons pas de prix, mais selon les tarifs distributeurs constatés, le MT1 se positionne nettement en dessous du Beetle à mission comparable, ce qui, sur un parc, détermine le nombre de robots qu'un budget permet de déployer.
Où le Beetle garde sa pertinence
Défendre le MT1 n'oblige pas à dénigrer le Beetle, excellent robot pour un profil précis. Entrepôt ou usine lourde avec beaucoup de gros débris sur dalle brute : son rouleau central et son bac de 45 L sont mieux armés. Poussières fines à maîtriser de façon documentée en agroalimentaire ou pharmaceutique : sa filtration HEPA auto-nettoyante clairement spécifiée rassure davantage. Rampes de quai ou zones extérieures : sa capacité indoor-outdoor et sa pente à 8° tranchent avec le MT1 de base cantonné à l'intérieur. Environnements très encombrés en hauteur : son LiDAR 3D a un vrai mérite. Ce sont des niches réelles où le Beetle est le bon choix.
Verdict
Mais dès qu'on quitte ces niches pour le cœur du marché, grands espaces intérieurs mixtes, retail, transport, tertiaire, logistique légère, sites étendus où la saleté est localisée plutôt qu'uniforme, le MT1 l'emporte sur ce qui compte vraiment : l'exploitation réelle. Sa logique patrouille puis spot colle à la manière dont les sols se salissent, son gabarit deux fois plus léger et son châssis étroit lui ouvrent des allées que le Beetle négocie moins bien, son exploitation continue documentée, sa perception dense au service d'une IA qui identifie réellement les déchets, son interopérabilité ascenseurs et son écosystème mûr lui donnent une profondeur opérationnelle que le Beetle, malgré son excellent LiDAR 3D et sa vitrine industrielle, n'atteint pas encore, le tout à un prix plus agressif. Le Beetle reste une balayeuse robuste au bac plus généreux et à l'aptitude extérieure ; il gagnera partout où ces atouts sont déterminants. Pour la majorité des exploitants, c'est le MT1 qui remporte ce duel, et l'arbitrage final se valide sur vos sols lors d'un audit.
Questions fréquentes
Le Beetle a un plus gros bac, est-ce déterminant ?
Le MT1 fonctionne-t-il en extérieur ?
Que signifie le rendement de 6 000 m²/h du MT1 ?
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