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Modèle · EHPAD

Cahier des charges de nettoyage en EHPAD : le modèle PDF pour externaliser sans perdre la main

5 octobre 2026 · Par Nicolas P. · 12 min de lecture

Couloir lumineux d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées, sol PVC propre

Confier tout ou partie de l'entretien d'un EHPAD à un prestataire ne dispense pas l'établissement de fixer les règles : c'est lui qui répond de l'hygiène devant ses résidents, les familles et les autorités de contrôle. Le cahier des charges est l'outil de cette maîtrise. Il cartographie les locaux par niveau de risque, répartit clairement les tâches entre les agents de l'établissement et ceux du prestataire, impose les protocoles validés par le référent hygiène et prévoit la conduite à tenir en période épidémique. Le modèle PDF de cette page en donne la trame.

Pourquoi l'EHPAD appelle un cahier des charges à part

Un EHPAD cumule trois réalités qui, ailleurs, relèvent de documents différents. C'est un lieu de vie, où la chambre est le domicile du résident. C'est un lieu de soins, soumis aux exigences d'hygiène des établissements médico-sociaux. Et c'est souvent un lieu de restauration collective, avec une cuisine qui obéit à ses propres règles. Un cahier des charges de nettoyage générique traite correctement la première et ignore les deux autres.

La seconde particularité tient à l'organisation. Dans la grande majorité des établissements, les agents de service hospitalier de la maison assurent déjà une partie de l'entretien, en particulier des chambres. L'externalisation est donc rarement totale : elle porte sur les parties communes, les week-ends, le périodique, ou un renfort. Tout l'enjeu du document est de dessiner une frontière nette entre ce que font vos équipes et ce que fait le prestataire. Là où la frontière est floue, les tâches tombent entre deux chaises, et ce sont toujours les mêmes : les points de contact des couloirs, les salles d'animation, les locaux de stockage.

Cartographier l'établissement par zones à risque

La trame commence par un inventaire des locaux, classés selon la logique des zones à risque que connaissent les équipes d'hygiène. L'exercice prend une heure avec le plan de l'établissement et le cadre de santé. Il évite au candidat de deviner, et il fixe d'emblée le niveau d'exigence attendu pour chaque surface.

NiveauLocaux habituels d'un EHPADCe que le cahier des charges exige
Zone 1Administration, bureaux, accueil, salle du personnelNettoyage courant, fréquence adaptée à l'occupation
Zone 2Couloirs, halls, ascenseurs, salles à manger, salles d'animation, chambres de résidents autonomesNettoyage avec désinfection des points de contact, fréquence quotidienne
Zone 3Chambres de résidents dépendants, sanitaires, unité protégée, office (les salles de soins sont souvent classées en zone 2 : suivre le classement de votre équipe d'hygiène)Bionettoyage, matériel dédié par local, traçabilité
Hors champCuisine de production, lingerie, pharmacieProtocoles propres (plan de maîtrise sanitaire, circuit du linge), traités à part

Le classement de chaque local relève de l'établissement, pas du prestataire, et peut changer : une chambre de zone 2 passe en zone 3 quand le résident devient dépendant ou fait l'objet de précautions complémentaires. Prévoyez dans le document la manière dont ces changements sont transmis au prestataire (tableau mis à jour, message au chef d'équipe, affichage sur la porte) et le délai dans lequel il doit les appliquer. Les principes généraux du bionettoyage en EHPAD et à l'hôpital sont rappelés dans notre guide dédié.

Partager les rôles entre l'établissement et le prestataire

C'est la section que les directeurs d'EHPAD sous-estiment le plus, et celle qui provoque le plus de frictions après six mois. Un tableau simple, une ligne par type de tâche, une colonne par intervenant, suffit à les éviter. Voici une répartition fréquente, qui n'a rien d'une norme mais montre le niveau de précision utile.

TâcheAgents de l'établissementPrestataireCommentaire à préciser
Entretien quotidien des chambresOuiNon, sauf week-end ou renfortQui fournit les lavettes et le chariot ?
Entretien de départ d'une chambreSelon organisationSouvent ouiDélai maximal entre la libération et la remise à disposition
Circulations et ascenseursNonOuiCréneaux compatibles avec la déambulation
Salles à manger après serviceDébarrassageSols et mobilierHeure de fin de service de chaque repas
Sanitaires communsContrôleOuiNombre de passages par jour
Vitrerie, décapage, remise en étatNonOui, périodiqueÉchéancier annuel
Cuisine de productionPersonnel de cuisineHors périmètreRelève du plan de maîtrise sanitaire

Ajoutez une colonne « fourniture » si nécessaire : qui achète les produits, les consommables, le papier et le savon, qui entretient les autolaveuses. Les ruptures de consommables sont une source classique de non-conformités, et personne ne veut en porter la responsabilité quand le contrat ne dit rien.

Protocoles et produits : l'établissement fixe, le prestataire applique

En EHPAD, le choix des produits et des méthodes n'est pas une affaire de préférence du prestataire. Il relève de l'équipe opérationnelle d'hygiène ou du référent hygiène de l'établissement, souvent en lien avec le médecin coordonnateur. Le cahier des charges doit donc renverser la logique habituelle : au lieu de demander au candidat ses protocoles, il lui impose ceux de la maison, annexés au document, et lui demande de décrire comment il les fera appliquer.

Concrètement, trois exigences suffisent. Les produits utilisés en zone 3 sont des détergents-désinfectants conformes aux normes d'efficacité que l'établissement a retenues (bactéricidie, levuricidie, virucidie), et toute substitution passe par une validation écrite. La méthode repose sur le lavage en pré-imprégnation, une lavette ou une frange par local, avec un code couleur identique à celui des équipes internes, pour qu'un résident ou un soignant ne voie jamais deux systèmes cohabiter. Enfin, chaque produit arrive avec sa fiche de sécurité, rangée là où les agents préparent leur chariot, et personne ne manipule un produit sur lequel il n'a pas été formé.

Cette dernière formation est souvent oubliée dans les offres. Exigez-en le contenu, la durée et la preuve : une liste d'émargement suffit. Pour le geste lui-même, chambre par chambre, notre fiche pas à pas pour la chambre d'un résident peut être jointe telle quelle en annexe.

Traçabilité et contrôle : ce que l'établissement doit pouvoir montrer

Lors d'une inspection, d'une évaluation externe ou de l'investigation d'une épidémie, l'établissement doit pouvoir produire la preuve de ce qui a été fait, où et quand. Si une partie de l'entretien est externalisée, cette preuve dépend du prestataire. Le cahier des charges fixe donc le support (fiche par chambre, feuille de passage par zone, application, rapport machine), la durée de conservation, et l'accès de l'établissement à ces enregistrements à tout moment.

Côté contrôle, prévoyez deux niveaux. Un contrôle visuel régulier par le cadre de santé ou la gouvernante, sur une grille partagée, avec restitution au chef d'équipe du prestataire. Et un audit périodique des pratiques, plus approfondi, centré sur ce que font les mains : sens de progression dans la pièce, moment où l'on change de textile, respect du temps d'action, friction hydro-alcoolique. La méthode d'un audit de bionettoyage en EHPAD est détaillée dans un article dédié, avec sa grille. Quand le ressenti diverge entre l'établissement et le prestataire, quelques mesures d'ATP-métrie sur les poignées et barrières de lit tranchent le débat avec un chiffre.

Continuité de service : épidémies, absences, week-ends et jours fériés

Un EHPAD ne ferme jamais. Le document doit donc traiter trois situations que les contrats standards abordent mal.

Les week-ends et jours fériés

Précisez ce qui est attendu en fin de semaine et lors des fêtes, même si le volume est réduit. Beaucoup d'établissements découvrent au premier long week-end que les sanitaires communs n'ont été prévus qu'en semaine.

Les absences d'agents

Exigez un délai maximal de remplacement, exprimé en heures, et la stabilité des équipes affectées. Un résident désorienté supporte mal de voir un visage nouveau chaque semaine dans les couloirs, et un agent remplaçant ne connaît ni les résidents ni les habitudes de l'unité.

Les épisodes infectieux

Si une seule clause devait être négociée avec soin, ce serait celle-ci. Elle précise qui déclenche le protocole renforcé (le médecin coordonnateur ou l'équipe d'hygiène), dans quel délai le prestataire le met en œuvre, quelles fréquences augmentent (points de contact, sanitaires, chambres concernées), avec quel produit, et comment le surcoût est calculé. Sans cette clause, le renfort se négocie au téléphone au moment où tout le monde est débordé.

Travailler dans un lieu de vie : les exigences de comportement

Un agent de nettoyage en EHPAD entre chez quelqu'un. Le cahier des charges peut, et doit, poser quelques règles de conduite : frapper et se présenter, respecter les objets personnels, ne jamais jeter un papier sans être sûr qu'il n'a pas de valeur pour le résident, signaler aux soignants une chute, un comportement inhabituel ou une chambre souillée. Ces exigences s'accompagnent d'une formation courte à l'accueil des personnes âgées, qu'il est légitime de demander au candidat.

La discrétion vaut aussi pour les informations. Les agents voient des dossiers, entendent des transmissions, croisent des familles. Une clause de confidentialité, rappelée à chaque nouvel arrivant, fait partie du document. Si un prestataire est déjà en place, pensez à la reprise des agents qui connaissent vos résidents ; les règles de reprise sont résumées dans notre guide sur ce que l'acheteur doit savoir de la convention de branche.

Lire les offres reçues : cinq points qui départagent

Une fois les réponses reçues, le prix ne dit presque rien tant qu'on ne sait pas ce qu'il couvre. Cinq vérifications permettent de trier rapidement les offres sérieuses :

  1. Les heures par zone. Rapportez-les aux surfaces de votre inventaire : un couloir de zone 2 lavé chaque jour et une salle à manger traitée après trois repas ne tiennent pas dans un volume symbolique.
  2. Le week-end. Vérifiez que les heures du samedi et du dimanche apparaissent explicitement, et pas seulement « selon besoin ».
  3. La clause de renfort. Une offre qui y répond par une phrase vague n'a probablement jamais géré une épidémie en établissement.
  4. La formation. Contenu, durée, formateur : une offre sérieuse décrit un module d'hygiène et d'accueil des personnes âgées, pas une simple mention.
  5. L'encadrement. Qui vient sur place, à quelle fréquence, et qui répond au cadre de santé un dimanche matin.

Couloirs et salles communes : la place d'un lavage robotisé

Dans un EHPAD de 80 à 100 lits, circulations, hall d'accueil et espaces de vie partagés représentent souvent la moitié des surfaces à laver. Ce sont des linéaires réguliers, en sol PVC, où le lavage quotidien mobilise un agent pendant plusieurs heures. C'est aussi là qu'une autolaveuse autonome trouve sa place : elle lave aux heures creuses, tôt le matin ou pendant la sieste, contourne les déambulateurs et les résidents, et chaque cycle laisse une trace datée que l'établissement retrouve dans son dossier qualité.

Le cahier des charges peut ouvrir cette possibilité sans l'imposer, en autorisant une variante qui précise les zones traitées, les créneaux, le niveau sonore, la façon dont le robot se comporte face à un résident qui s'approche, et le délai de remplacement en cas de panne. Les chambres, les sanitaires et les salles de soins restent du ressort des agents, qui récupèrent le temps passé jusque-là à laver les couloirs.

Easy to Clean monte ce type d'organisation pour des maisons de retraite et des cliniques : une machine Pudu calibrée sur la longueur des couloirs, un agent de notre équipe rompu au bionettoyage, l'entretien de la machine et, en cas de panne, son remplacement en moins de 72 h. Le chiffrage se fait sur devis, une fois l'établissement visité. Notre page consacrée au nettoyage en santé et en EHPAD décrit ce fonctionnement, et notre dossier sur les robots laveurs en milieu de soins répond aux questions que posent le plus souvent les soignants.

Sources et références

Textes, organismes et documents constructeurs sur lesquels s'appuie cet article. Les liens s'ouvrent dans un nouvel onglet.

Télécharger le modèle de cahier des charges EHPAD (PDF)

Fiche libre d'usage, sans inscription. Deux pages à remplir : inventaire des locaux par zone à risque, partage des tâches avec vos agents, protocoles imposés, traçabilité, continuité et clause de renfort épidémique.

Télécharger le PDF →

Questions fréquentes

Le cahier des charges doit-il inclure le bionettoyage des chambres ?

Seulement si vous l'externalisez. Beaucoup d'EHPAD gardent l'entretien quotidien des chambres en interne et confient au prestataire les parties communes, les départs et le périodique. L'essentiel est que le document dise clairement qui fait quoi, chambre par chambre et jour par jour, week-ends compris.

Qui choisit les produits de bionettoyage ?

L'établissement, par son équipe d'hygiène ou son référent hygiène. Le cahier des charges annexe la liste des produits validés et interdit toute substitution sans accord écrit. Le prestataire peut proposer une alternative, qui est alors examinée et validée avant utilisation.

Comment gérer une épidémie de gastro-entérite avec un prestataire ?

Par une clause prévue à l'avance : déclenchement par le médecin coordonnateur ou l'équipe d'hygiène, délai de mise en œuvre, fréquences renforcées sur les points de contact et les sanitaires, produit adapté, durée, et mode de calcul du surcoût. Sans cette clause, le renfort se négocie dans l'urgence.

Faut-il imposer la reprise des agents déjà présents ?

La reprise du personnel obéit aux règles de la convention collective de la propreté quand elles s'appliquent. Au-delà, vous pouvez valoriser dans l'analyse des offres la stabilité des équipes, importante pour des résidents âgés. Sur ce point, cette page donne une information générale, pas un avis juridique.

Un robot peut-il circuler pendant la présence des résidents ?

Oui, dans les couloirs et salles communes, à condition de choisir des créneaux calmes, un modèle silencieux qui détecte les personnes et ralentit, et d'informer les équipes. Les unités protégées demandent une réflexion particulière avec le cadre de santé avant tout déploiement.

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