Pudu MT1 Vac ou LionsBot R3 Vac : le duel des aspirateurs de service
20 juillet 2026 · 10 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Deux aspirateurs autonomes pour les mêmes clients, hôtels, bureaux, commerces et aéroports, mais deux philosophies opposées. Le LionsBot R3 Vac, petit format singapourien silencieux et simple à lancer, face au Pudu MT1 Vac, balayeur-aspirateur chinois qui mise sur la puissance, le triple mode à sec et la couverture de tout un bâtiment.
Deux gabarits, deux intentions
Les deux robots visent les mêmes clients, hôtels, bureaux, commerces, aéroports et établissements de santé, mais ils n'ont pas le même corps. Le R3 Vac est un petit format : 521 mm de long, 482 de large, 655 de haut, pour 53 kg. Sa faible largeur de caisse en fait un spécialiste des couloirs étroits et des open spaces meublés, où il se faufile entre les postes de travail sans gêner personne. Le MT1 Vac joue une autre partition : 840 × 600 × 490 mm pour 75 kg. Il est plus long et plus lourd, mais surtout plus bas. Cette hauteur réduite à 49 cm lui permet de passer sous les meubles dès 52 cm de dégagement, là où le R3 Vac, haut de 655 mm, reste bloqué devant la plupart des tables, bureaux et banquettes. Le petit LionsBot passe mieux entre les obstacles, le Pudu passe mieux dessous, et c'est justement sous les meubles que s'accumule la poussière que personne ne va chercher. Le MT1 Vac accepte par ailleurs des passages dès 75 cm de large, ce qui reste raisonnable pour ce format.
L'aspiration : là où tout se joue
Un aspirateur, c'est d'abord un flux d'air, et c'est sur ce terrain que le MT1 Vac creuse l'écart. Pudu a doté sa machine d'une double turbine à conduits d'air indépendants qui, selon le constructeur, offre jusqu'à 200 % d'efficacité d'aspiration en plus par rapport à un système à conduit unique. Deux souffleries, deux circuits séparés : sur la moquette, où les fibres retiennent la saleté au fond du velours, cette réserve de puissance fait une différence réelle, la logique physique tient. À cette puissance s'ajoute une voie d'aspiration de 55 cm, environ le double d'un aspirateur commercial classique selon Pudu, qui réduit le nombre d'allers-retours ; brosse latérale déployée pour le balayage, la largeur de travail grimpe à 70 cm.
En face, le R3 Vac n'est pas ridicule : sa largeur de travail atteint 550 mm brosses latérales comprises, 350 mm sans elles, et surtout il nettoie les bords à 0 mm grâce à ses deux brosses latérales, un bord à bord qui va chercher la poussière au ras des plinthes et dans les angles. C'est un atout concret dans les bureaux, où la saleté visible s'accumule contre les murs. Le problème, c'est que sa puissance d'aspiration reste une boîte noire : LionsBot annonce une forte aspiration sans jamais publier de dépression en pascals, de débit d'air ni de puissance moteur. Le MT1 Vac ne publie pas non plus sa dépression exacte, soyons honnêtes, mais sa double turbine documentée et sa voie de 55 cm donnent des repères d'architecture là où LionsBot se contente d'adjectifs.
Filtration : léger avantage LionsBot
Sur la qualité de l'air rejeté, le R3 Vac reprend des couleurs. Il embarque de série un filtre HEPA H13 de niveau médical, capable de retenir 99,97 % des particules, complété par un sac microfibre. Pour un établissement de santé ou un hôtel haut de gamme, c'est un argument livré sans supplément. Le MT1 Vac propose une filtration HEPA H11 de série, qui capte plus de 98 % des particules à 0,3 micron, le H13 à 99,97 % restant disponible en option payante. Il faut donc être précis : le niveau médical H13 est natif chez LionsBot, tandis qu'il faut le choisir et le payer chez Pudu. La nuance, c'est que l'écart entre H11 et H13 se joue sur une fraction de pourcentage, et que le MT1 Vac atteint exactement le même niveau dès qu'on installe le filtre optionnel. Avantage réel mais mince pour le R3 Vac, plus symbolique que rédhibitoire.
Capacité et endurance : l'écart se creuse
C'est ici que le MT1 Vac écrase le plus nettement son adversaire. Le Pudu sépare la poussière des déchets grossiers : deux sacs à poussière de 7 litres, soit 14 litres, plus un bac à déchets de 6 litres, pour 20 litres de rétention. Cette séparation espace considérablement les vidages et permet d'exploiter la machine longtemps, exactement ce qu'on attend d'un robot qui travaille la nuit ou en continu. Le R3 Vac se contente d'un bac de 6 litres, plus de trois fois moins. Sur une petite surface nettoyée chaque jour, cela suffit ; mais dès qu'on parle de grands halls, de longs couloirs d'hôtel ou de plateaux étendus, ce bac impose des vidages fréquents, donc une présence humaine régulière qui grignote l'intérêt même de l'autonomie.
Même logique côté endurance. Le MT1 Vac annonce 3 à 6,5 heures selon le mode, environ 4 heures en balayage-aspiration standard, adossé à une batterie lithium de 60 Ah, valeur relevée chez un distributeur et non publiée par Pudu, et une recharge en moins de 3,5 heures. Le R3 Vac plafonne à 3 heures annoncées, 2 à 3 heures constatées en pratique, pour une recharge d'environ 2 heures, et LionsBot ne publie ni le type ni la capacité de sa batterie, ce qui laisse un flou gênant sur un point aussi structurant. Sa recharge est plus rapide dans l'absolu, mais avec une réserve de départ plus faible, il retourne au dock plus souvent. Les deux savent revenir seuls se recharger puis reprendre leur tâche là où ils l'avaient laissée ; le Pudu tient simplement plus longtemps entre deux visites à la borne.
Le vrai fossé : le triple mode et la moquette
Le R3 Vac est un aspirateur, point. Il aspire à sec, moquette comme sols durs, et il le fait bien, mais il ne fait que cela. Le MT1 Vac combine trois fonctions à sec dans une seule machine : le balayage, l'aspiration et le dust mopping, ce passage d'un patin microfibre qui capte la poussière fine résiduelle. Il balaie les débris grossiers avec sa brosse latérale, aspire en profondeur avec sa double turbine, puis lisse la poussière restante avec son patin, une chaîne complète là où le R3 Vac ne propose qu'un maillon.
Surtout, le MT1 Vac gère la transition entre moquette et sol dur grâce à une reconnaissance IA du type de sol : ses caméras identifient en temps réel s'il roule sur du velours ou du carrelage et ajustent la puissance d'aspiration et la vitesse de brosse en conséquence, plus de puissance dans les fibres, plus de douceur sur les surfaces délicates. Le R3 Vac aspire les deux types de sols, mais sans cette adaptation dynamique documentée : il applique le même régime partout. Dans un hôtel qui alterne moquette de couloir et marbre de lobby, cette intelligence de terrain se lit en qualité comme en préservation des revêtements. Le Pudu embarque en prime un aspirateur à main d'extension, un accessoire filaire pour traiter les plinthes, les canapés et les recoins en hauteur, que le R3 Vac n'a pas.
Navigation, sécurité et exploitation multi-niveaux
Sur le déplacement, les deux tiennent la route. Le R3 Vac s'appuie sur un LiDAR 2D de 25 mètres de portée, un LiDAR 3D étant proposé en option, épaulé par quatre caméras de profondeur, une caméra RGB et six sonars, orchestrés par un SLAM classique ; il détecte les personnes et embarque un capteur de collision à pression d'air en dernier rempart. Le MT1 Vac mise sur une fusion VSLAM, marqueurs et LiDAR SLAM, avec des caméras de vision IA qui ne servent pas qu'à naviguer : elles repèrent les déchets pour déclencher un nettoyage ciblé et identifient le type de sol. Les deux se valent en évitement ; le Pudu ajoute cette couche de vision opportuniste.
Le vrai départ se fait sur les étages. Le MT1 Vac est connecté en IoT aux ascenseurs et aux portiques d'accès : il appelle un ascenseur, change d'étage, franchit une porte automatique et enchaîne une mission sur plusieurs niveaux. Pour un hôtel de dix étages ou un immeuble de bureaux, une seule machine couvre tout l'édifice. Le R3 Vac, lui, ne gère ni les ascenseurs ni les portes : chaque mission est confinée à un niveau. Si le bâtiment a plusieurs étages, il faut plusieurs robots ou un opérateur qui déplace la machine d'un plancher à l'autre. Son écosystème LionsOS gère des cartes multi-bâtiments, mais un logiciel multi-bâtiments ne remplace pas la capacité physique de monter seul au sixième étage.
Écosystèmes et maturité
C'est le domaine où LionsBot défend le mieux ses couleurs. Son écosystème LionsOS est mûr et cohérent : application LionsClean, tableau de bord cloud, rapports de nettoyage, gestion de flotte multi-bâtiments, et des certifications de cybersécurité documentées, SOC 2, SOC 3 et ISO, sur le versant données, ce qui est un signal de maturité vérifiable et pas un simple argument marketing. S'y ajoute le MagicTag : on pousse le robot vers une balise, la carte se sélectionne seule, la localisation se fait automatiquement et le nettoyage démarre en une trentaine de secondes. Ce zéro-clic rend la machine utilisable par n'importe quel agent, sans formation, un vrai atout de terrain pour un prestataire qui fait tourner du personnel peu qualifié.
Le MT1 Vac répond avec PUDU Link : application de pilotage, rapports cloud et surtout une API ouverte via la PUDU Open Platform, qui permet d'intégrer le robot à des systèmes tiers. Là où Pudu prend l'ascendant, c'est sur l'ouverture de son écosystème et sur la densité de son réseau de service, distribué en France, gage de disponibilité des pièces et de pérennité de l'investissement. Le MagicTag reste plus élégant au quotidien ; l'écosystème Pudu est plus ouvert et plus large.
Le prix : avantage Pudu, surtout en location
Nous n'affichons pas de tarifs. À l'achat, les deux machines se situent dans le même couloir de prix selon les tarifs distributeurs constatés. L'écart se creuse en location : le MT1 Vac se positionne comme nettement plus économique au mois que le R3 Vac en formule robot-service, un facteur qui pèse pour un client qui raisonne en abonnement tout inclus. Il faut nuancer : chez Pudu, la station de charge, certains accessoires et le filtre H13 sont facturés en sus ; chez LionsBot, le LiDAR 3D, la station et les fonctions avancées le sont aussi selon la configuration. Aucune des deux fiches n'affiche un coût total parfaitement transparent, un devis site par site reste indispensable, mais à périmètre comparable le MT1 Vac reste devant, à l'achat comme au mois.
Verdict
Le Pudu MT1 Vac s'impose comme le choix le plus complet et le plus rationnel. Il gagne sur la puissance d'aspiration, avec sa double turbine et sa voie de 55 cm ; sur la polyvalence, avec son triple mode balayage-aspiration-dust mopping et sa reconnaissance IA du type de sol, là où le R3 Vac ne fait qu'aspirer ; sur l'endurance et la capacité, avec ses 20 litres de rétention contre 6 et son autonomie de 3 à 6,5 heures contre 2 à 3 ; sur l'exploitation multi-niveaux, grâce à sa connexion aux ascenseurs quand son rival reste cloué à un étage ; et sur le prix, à l'achat comme surtout en location.
Le R3 Vac garde une place légitime : c'est le robot du site mono-niveau, encombré, occupé en permanence, où le silence de 61,7 décibels que LionsBot publie noir sur blanc quand Pudu reste muet sur les siens, la filtration H13 native, le nettoyage de bord à 0 mm, la simplicité du MagicTag et des certifications logicielles documentées priment sur la puissance et le volume. Pour une bibliothèque, un plateau de plain-pied ou un commerce fréquenté aux heures d'ouverture, il reste un excellent candidat. Mais dès qu'on cherche une machine capable d'aspirer fort, de traiter moquette et sols durs avec discernement, de tenir la distance sans qu'on la vide toutes les heures et de couvrir plusieurs étages seule, le MT1 Vac s'impose. Encore faut-il le verifier sur vos revetements reels, ce qu'un passage sur place etablit rapidement.
Questions fréquentes
Le LionsBot R3 Vac filtre-t-il mieux que le MT1 Vac ?
Quel robot pour un bâtiment à plusieurs étages ?
Le R3 Vac est-il un mauvais choix ?
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