Comparatif

Pudu BG1 Pro ou Gausium Marvel : le duel des autolaveuses-balayeuses « une passe »

20 juillet 2026 · 8 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Sol clair d'usine avec lignes de production

Les deux champions de la robotique de nettoyage s'affrontent sur le même terrain, celui des très grandes surfaces, avec la même promesse : ne plus passer deux fois. Le Pudu BG1 Pro et le Gausium Marvel, tous deux nés au printemps 2026, très ambitieux mais encore jeunes.

Deux manières de faire la même chose

Les deux robots répondent à une frustration connue : les autolaveuses lavent mais n'aiment pas les gros débris, qui bouchent la raclette et transforment la poussière en boue. Il fallait donc balayer avant, puis laver. Le BG1 Pro et le Marvel enchaînent les deux gestes en une passe, mais leur architecture diffère. Le Marvel joue une carte lisible : deux brosses latérales à l'avant qui balaient et ramènent les débris vers un bac intégré, des disques à l'arrière qui lavent immédiatement derrière, chaque brosse faisant son métier. Le BG1 Pro associe brosse disque extensible pour le lavage, rouleau de balayage et brosses latérales, avec une capacité de séchage en une passe explicitement revendiquée. Là où la fiche du Marvel reste muette sur le séchage en un passage, celle du BG1 Pro l'affirme, nuance importante quand on connaît la valeur d'un sol immédiatement sec, pour la sécurité comme pour la remise en service d'une allée. À noter aussi, le Marvel détecte la moquette comme un obstacle et la contourne : c'est une laveuse de sols durs stricte.

Cuves, largeur, pression : le Marvel a le litrage

Sur la brute capacité, le Marvel prend l'avantage. Ses réservoirs affichent 80 L d'eau propre et 70 L d'eau sale, contre 75 et 60 L pour le BG1 Pro, ce qui repousse les arrêts pour vidange et remplissage. Le BG1 Pro compense partiellement par un bac à déchets de 5 L et un double réservoir de détergent d'environ 7 L, quand le volume du bac à déchets du Marvel n'est pas communiqué. Même chose côté largeur : le Marvel ratisse 840 mm en balayage et 600 mm en lavage, quand le BG1 Pro annonce 550 mm de lavage, porté à 708 mm avec ses brosses latérales. Et sur la pression de brossage, Gausium publie 55 kg, quand Pudu se contente d'évoquer un boost de pression sur les taches sans donner de valeur. Sur la mécanique de nettoyage pure, capacité et pression documentées, le Marvel est le mieux armé sur le papier.

Le rendement : attention à ce que l'on compare

Pudu annonce pour le BG1 Pro 2 000 m²/h en couverture réelle et jusqu'à 6 000 m²/h en mode spot, quand l'IA ne traite que les zones sales. Gausium publie pour le Marvel 3 024 m²/h en lavage, 4 234 en balayage et 3 830 en dépoussiérage. Un lecteur pressé conclurait que le Marvel est plus rapide en lavage continu, et il aurait raison sur ce point. Mais comparer le 6 000 du BG1 Pro au 3 024 du Marvel serait malhonnête : le premier est un chiffre de mode spot, le second un débit de lavage soutenu, deux métriques différentes. Le BG1 Pro mise sur l'intelligence, laver moins mais mieux ciblé, ce qui gonfle le rendement effectif sur un sol globalement propre ; le Marvel mise sur un débit brut plus élevé en couverture. Aucun de ces chiffres n'a été validé indépendamment : ce sont des rendements constructeur, à confirmer en conditions réelles.

La brosse extensible, l'atout discret du BG1 Pro

Un détail pèse plus lourd que trois lignes de fiche : le nettoyage des bords. Tout robot laisse une bande sale le long des murs et sous les rayonnages, et c'est là que l'œil juge la propreté. Le BG1 Pro apporte une réponse mécanique concrète, une brosse disque physiquement extensible qui se déploie pour laver jusqu'aux murs et aux pieds de rayonnage, au plus près de zéro, réduisant les reprises manuelles. Le Marvel a des brosses latérales edge-to-edge, mais Gausium ne communique aucune valeur en millimètres, là où Pudu revendique une brosse qui va physiquement chercher le bord. Avantage BG1 Pro sur ce critère très opérationnel.

Gabarit et franchissement : le Marvel plus agile

Sur la mobilité, le Marvel reprend l'avantage. Il est plus compact et plus léger, 1 108 × 699 × 1 168 mm pour 220 kg, contre 1 195 × 760 × 1 303 mm et 344 kg pour le BG1 Pro, soit 124 kg d'écart, ce qui compte pour manœuvrer ou faire monter la machine dans un ascenseur de charge. Le passage minimum est quasi identique, environ 850 mm des deux côtés, mais le Marvel documente une pente admissible de 10° et une vitesse de 1,4 m/s, là où le BG1 Pro ne communique pas sa pente, son rayon de braquage ni son indice IP, et plafonne à 1,2 m/s. Pour un parking en rampe, la valeur du Marvel rassure, quand le silence de Pudu oblige à interroger le distributeur. En contrepartie, le BG1 Pro offre un vrai mode ride-on, une plateforme de conduite qui accélère la cartographie et les transferts d'une machine de 344 kg, là où le Marvel se limite à une poignée à assistance électrique et une pédale optionnelle.

L'énergie et la station : le nerf du 24/7

Sur la batterie, le Marvel a le plus gros pack, une LiFePO4 de 120 Ah, contre 90 Ah en 48 V pour le BG1 Pro, avec des autonomies annoncées supérieures dans plusieurs modes, jusqu'à 10 h en dépoussiérage contre 7,5 h en balayage plus lavage pour le Pudu. Sur le papier, le Marvel tient plus longtemps. Mais l'autonomie brute ne fait pas tout, et c'est là que le BG1 Pro reprend la main sur ce qui compte pour un site en continu. Pudu propose une station tout-en-un optionnelle qui remplit l'eau propre, vidange l'eau sale et recharge, pour une exploitation sans personnel : le robot cible en journée, nettoie en profondeur la nuit, revient seul se réapprovisionner et repart. Le Marvel laisse un point d'interrogation ici : sa fiche mentionne un rinçage automatique interne, mais sa solution de charge automatique reste à confirmer, les docks listés par Gausium ne mentionnant pas explicitement le Marvel. Pour un client qui achète précisément une machine pour tourner la nuit toute seule, cette incertitude est lourde. Une grosse batterie qu'il faut recharger et réapprovisionner à la main ne remplace pas une station qui fait tout.

Navigation et détection : le domaine où le Marvel brille

Rendons au Marvel ce qui lui appartient : sur la richesse de la perception, il impressionne. Les deux partagent un socle LiDAR 3D plus vision, mais le Marvel reconnaît et évite non seulement piétons et chariots, mais aussi véhicules, escalators, câbles au sol, vitres et tapis, une finesse rare, surtout sur les câbles et les vitres qui sont le cauchemar des capteurs. Il ajoute une cartographie annoncée comme illimitée et un déploiement à distance. Le BG1 Pro répond par la robustesse de localisation de sa fusion LiDAR 3D plus SLAM visuel 3D sur moteur bi-puce, présentée comme stable dans les halls hauts, la nuit et en environnement perturbé, avec une IA qui rétracte le balayage sur les liquides et augmente la pression sur les taches. Ni l'un ni l'autre ne revendique de certification IEC 63327, à vérifier pour les ERP exigeants. Net avantage au Marvel sur l'étendue de la détection et la cartographie illimitée.

Écosystème, disponibilité et maturité

Sur l'ouverture logicielle, le Marvel marque un point avec une Open API très assumée. Mais quand on élargit vers l'écosystème d'exploitation, le rapport s'inverse : le BG1 Pro s'inscrit dans une plateforme de supervision mûre et un réseau de service disponible en France, ce qui compte dans le monde réel, disponibilité des pièces, densité du réseau, maturité des outils de flotte, retours accumulés sur d'autres machines de la gamme. Sa maintenance quotidienne est annoncée en moins d'une minute grâce à des consommables clipsables. Côté calendrier, les deux sont contemporains, commercialisés au printemps 2026. Aucun ne peut aligner un recul d'exploitation significatif, mais le BG1 Pro dispose d'une première référence européenne concrète et nommée chez un grand prestataire de facility management, quand le Marvel ne s'appuie pas encore sur une référence de cette envergure. Nous n'affichons pas de prix : les deux se vendent sur devis, station et modules en sus, et le coût total dépendra largement de ces périphériques non tarifés.

Verdict

Sur le pur bordereau de capacités, le Marvel gagne plusieurs manches : cuves plus grandes, batterie plus généreuse, pression publiée, pente et vitesse documentées, gabarit plus léger, détection très riche, cartographie illimitée, Open API franche. Un acheteur dont la priorité serait le litrage, l'autonomie brute, la pente ou l'ouverture logicielle pourrait légitimement le choisir : c'est une excellente machine. Mais le BG1 Pro gagne là où se joue la rentabilité réelle sur un grand site. Il balaie, lave et sèche en une passe, séchage explicitement revendiqué, quand le Marvel reste muet sur ce point. Il cible à 6 000 m²/h en mode spot sur des sols majoritairement propres. Sa brosse extensible va chercher les bords. Il propose un vrai mode ride-on. Et surtout, il s'appuie sur une station tout-en-un documentée pour tourner la nuit sans personnel, quand la charge automatique du Marvel reste à confirmer, point décisif. Ajoutez un écosystème mûr et une première référence européenne nommée, et c'est le BG1 Pro qui remporte ce duel, sans que le Marvel démérite. Un mot de prudence valable pour les deux : sortis au printemps 2026, prix non publics et recul en semaines, exigez une démonstration sur votre sol et une phase pilote.

Questions fréquentes

Le Marvel a de plus grandes cuves, pourquoi choisir le BG1 Pro ?
Le Marvel gagne sur le litrage et l'autonomie brute, mais sa solution de charge automatique reste à confirmer, quand le BG1 Pro dispose d'une station tout-en-un documentée qui remplit, vidange et recharge pour tourner la nuit sans personnel. Pour l'exploitation continue, c'est décisif.
Les deux nettoient-ils la moquette ?
Non, ce sont des laveuses de sols durs. Le Marvel détecte même la moquette comme un obstacle et la contourne. Pour de la moquette, il faut un aspirateur autonome dédié comme le MT1 Vac.
Ces machines sont-elles assez mûres ?
Toutes deux commercialisées au printemps 2026, avec un recul d'exploitation de quelques semaines. Le BG1 Pro a une première référence européenne nommée ; dans les deux cas, exigez une phase pilote sur votre site avant d'engager une flotte.

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