Comparatif

Pudu CC1 ou Yijiahe J40 Kunpeng : le duel des compacts multifonctions à station

21 juillet 2026 · 6 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Couloir au sol dur lavé dans un bâtiment tertiaire

Deux compacts multifonctions à station pour malls, bureaux et hôtels. Le Pudu CC1, 4-en-1 aux specs bien documentées et à l'écosystème ouvert. Le Yijiahe J40 Kunpeng, 5-en-1 modulaire dont la station 4-en-1 purifie même l'eau, mais dont la fiche reste plus avare en chiffres.

Deux compacts multifonctions à station

Les deux robots ciblent les mêmes bâtiments, malls, bureaux et hôtels, dans un gabarit voisin. Le CC1 mesure 663 mm de long, 568 à 626 de large et 667 à 682 de haut selon la configuration, pour 60 à 75 kg. Le J40 Kunpeng affiche 640 × 598 × 700 mm pour 85 kg. Deux compacts qui passent dans des allées serrées, le J40 demandant 700 mm et franchissant des tourniquets au-delà de cette largeur. La vraie différence n'est pas dans les cotes, elle est dans la façon dont chacun conçoit la polyvalence et la station qui l'accompagne.

Le nettoyage : 4-en-1 documenté contre 5-en-1 modulaire

Le CC1 est un 4-en-1 : il balaie, lave, aspire, moquette comprise avec le kit, et dépoussière. Il lave sur 400 mm, balaie sur 500 mm, aspire à 17 000 Pa, un chiffre élevé qui lui permet de ramasser réellement les débris avant de laver, et nettoie les bords à moins de 20 mm. Ces valeurs sont publiées, ce qui compte dans un achat professionnel. Le J40 Kunpeng pousse la logique à cinq fonctions, avec des rouleaux interchangeables selon une conception modulaire : on change de module pour changer de tâche. Il traite les sols durs variés et la moquette à poils ras, et embarque une identification du matériau par IA. Sa largeur de travail est de 410 mm. En revanche, sa fiche reste plus avare : la dépression d'aspiration, les volumes de réservoirs et le détail des modules ne sont pas tous publiés, là où le CC1 documente ses chiffres clés. Une fonction de plus pour le J40, une meilleure transparence pour le CC1.

Rendement, autonomie et mobilité

Le CC1 annonce 700 à 1 000 m²/h en couverture, avec une vitesse réglable jusqu'à 1,2 m/s et une autonomie de 4 à 9 heures selon le mode. Le J40 publie une plage de 1 000 à 1 800 m²/h, une fourchette assumée comme telle par le constructeur, pour une autonomie de 8 heures et une recharge en 2,5 heures, mais une vitesse de travail plus prudente, autour de 0,7 m/s. Sur le franchissement, le J40 grimpe des pentes jusqu'à 7°, un cran au-dessus du CC1 donné à 3° en nettoyage et 8° en déplacement. Les deux savent revenir seuls à leur station et reprendre leur tâche au point d'arrêt. Le J40 affiche des débits théoriques plus élevés, le CC1 une vitesse de déplacement supérieure et des chiffres mieux cadrés.

La station : l'argument fort du J40

C'est ici que le J40 marque son point le plus original. Sa station 4-en-1 automatise la recharge, le remplissage en eau propre, la vidange de l'eau sale et, fait rare, la purification de l'eau embarquée, grâce à un réservoir d'eau mobile et à un circuit de purification. Autrement dit, l'entretien de l'eau est intégré à la station de série, là où beaucoup de robots laissent ce poste à l'opérateur. Le CC1 répond avec son propre écosystème de stations, dock de charge et station d'eau mobile, qui gèrent remplissage, vidange et dosage du détergent sans travaux de plomberie, mais ces stations sont vendues en option et n'intègrent pas de purification d'eau annoncée. Sur l'intégration de la gestion de l'eau et sa purification, le J40 propose une réponse plus complète en standard ; sur l'éprouvé et la disponibilité de l'écosystème, le CC1 garde l'avantage.

Navigation et exploitation multi-niveaux

Les deux robots gèrent les bâtiments à plusieurs niveaux. Le CC1 s'appuie sur le SLAM maison de Pudu, une fusion de SLAM visuel et laser, avec un LiDAR complété de solid-state, deux caméras RGBD, une vue de dessus, une caméra arrière et des ultrasons, plus des modules IoT de contrôle d'ascenseur et de portillon. Le J40 navigue par LiDAR SLAM avec cartographie multi-étages, une vision IA qui reconnaît les sols et les déchets et signale ce qu'il ne peut pas nettoyer, et une intégration AIoT qui lui permet de prendre l'ascenseur en autonomie et de franchir les tourniquets. Les deux détectent les personnes et évitent les obstacles. Sur la reconnaissance des déchets et le franchissement des tourniquets, le J40 est bien équipé ; sur la maturité du moteur de navigation et l'ouverture de l'écosystème, le CC1 tient son rang.

Connectivité, données et écosystème

Le CC1 s'administre via PUDU Link, avec rapports cloud automatiques, cartes de points chauds, tableaux de bord et surtout une API ouverte via la PUDU Open Platform, qui permet aux grands comptes d'intégrer le robot à leurs propres systèmes de supervision. Le J40 remonte ses rapports et ses historiques de maintenance via la plateforme cloud du constructeur, avec gestion de flotte, mais l'ouverture de cet écosystème et le détail de sa connectivité sont moins documentés. Aucun des deux modeles n'affiche de certification IEC 63327. Sur l'ouverture et la programmabilité de la plateforme, le CC1 est devant ; le J40 offre un cloud fonctionnel mais plus fermé sur le papier.

Maturité et références

Sur ce point, l'honnêteté impose de constater que ni Pudu ni Yijiahe ne publie de référence client nominative pour ces modèles, et nous ne reprenons aucun volume de déploiement invérifiable. Ce que l'on peut dire, factuellement, c'est que le CC1 est conçu et fabriqué par un constructeur intégré, qu'il sert de base à une famille cohérente dont le CC1 Pro dérive, et qu'il est distribué en France avec le réseau de service correspondant. Le J40, plus récent sur les marchés occidentaux, y avance avec une distribution encore en cours de déploiement. Sur la profondeur de l'écosystème et l'ancrage du réseau de support en France, le CC1 est mieux établi à cette date ; le J40 est un challenger crédible dont la diffusion reste à confirmer.

Prix et positionnement

Nous n'affichons pas de tarifs. Le J40 se vend exclusivement sur devis, sans prix public constaté, tout comme le CC1 côté robot-service, ce dernier disposant toutefois d'un prix d'achat constaté sur certains marchés. Dans les deux cas, la station est un poste à intégrer au budget. En relatif, le J40 se positionne comme un 5-en-1 à station très intégrée dont la valeur tient à cette intégration, quand le CC1 s'appuie sur la transparence de ses specs et la maturité de son écosystème. Un devis à périmètre égal, station comprise, reste indispensable pour trancher au coût réel.

Verdict

Le J40 Kunpeng est un challenger sérieux et bien pensé. Sa cinquième fonction, sa conception modulaire à rouleaux interchangeables et surtout sa station 4-en-1 qui purifie l'eau en standard sont des arguments réels, et son intégration des ascenseurs et des tourniquets est aboutie. Pour un site qui valorise l'intégration de la gestion de l'eau et une polyvalence maximale, il mérite d'être regardé de près.

Le CC1 l'emporte néanmoins, pour une raison qui compte dans l'achat professionnel : il documente ce qu'il fait. Ses 15 litres de cuves, son aspiration de 17 000 Pa, son bord à bord sous 20 mm et son écosystème PUDU Link ouvert avec API sont publiés et vérifiables, là où le J40 laisse plusieurs chiffres clés dans l'ombre, des volumes d'eau à la dépression d'aspiration. À cela s'ajoutent la maturité d'un constructeur intégré et un réseau de service bien établi en France. Le J40 reste un choix défendable pour qui privilégie la station tout-en-un et la fonction supplémentaire, mais pour un exploitant qui veut des specs claires, une aspiration puissante et un écosystème ouvert et éprouvé, c'est le CC1 qu'il faut retenir. La decision se joue toutefois sur piece : un essai sur vos propres sols reste le meilleur juge de paix.

Questions fréquentes

Le J40 Kunpeng est un 5-en-1, pourquoi le CC1 4-en-1 l'emporte-t-il ?
La cinquième fonction et la station qui purifie l'eau sont de vrais atouts du J40. Mais le CC1 documente mieux ses performances, aspiration à 17 000 Pa, cuves de 15 L, bord à bord sous 20 mm, et il repose sur un écosystème ouvert et éprouvé. Dans un achat professionnel, des specs vérifiables et un réseau de support établi pèsent davantage qu'une fonction de plus non chiffrée.
La station du J40 purifie-t-elle vraiment l'eau ?
Oui, sa station 4-en-1 automatise la recharge, le remplissage, la vidange et intègre une purification de l'eau embarquée, ce qui est peu courant. La station du CC1 gère remplissage, vidange et dosage du détergent sans plomberie, mais sans purification annoncée. C'est un point fort réel du J40, à mettre en balance avec la transparence des specs du CC1.
Les deux gèrent-ils les étages ?
Oui. Le CC1 via ses modules IoT de contrôle d'ascenseur et de portillon, le J40 via son intégration AIoT qui lui permet de prendre l'ascenseur et de franchir les tourniquets. Les deux cartographient en multi-étages et reprennent leur tâche au point d'arrêt après recharge.

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