Pudu CC1 ou OrionStar CleaniBot S55 Pro : le duel des compacts multifonctions
20 juillet 2026 · 12 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Deux compacts multifonctions qui visent les mêmes bâtiments tertiaires, souvent les mêmes appels d'offres. Le Pudu CC1, porte-drapeau intégré d'un constructeur qui conçoit et fabrique sa gamme. L'OrionStar CleaniBot S55 Pro, outsider malin au prix qui fait tourner les têtes, six modes et un silence remarquable, mais un point aveugle structurel sur le lavage.
Deux philosophies dans le même gabarit
Sur le papier, les deux machines se ressemblent. Le CC1 mesure 663 mm de long, 568 à 626 de large, 667 à 682 de haut, pour 60 à 75 kg. Le S55 Pro affiche 650 × 580 × 550 mm pour 70 kg. Deux robots taillés pour le même terrain : couloirs de bureau, halls d'hôtel, allées de commerce, services hospitaliers, écoles. Tous deux passent dans une allée de 700 mm et revendiquent le nettoyage multi-étages via la gestion des ascenseurs. La confusion s'arrête là.
Un mot sur les origines, car il éclaire la suite. Le CC1 est un produit maison de Pudu Robotics, qui conçoit, fabrique et fait vivre elle-même sa gamme. Le S55 Pro est en réalité une conception du fabricant OEM chinois IKITBOT, modèle d'origine ONE S55, commercialisée sous la marque OrionStar. Ce n'est pas un défaut en soi, la sous-traitance de conception est courante, mais cela pose une question concrète : qui, in fine, assure le support, les pièces, les mises à jour ? Chez Pudu, constructeur intégré, la réponse est limpide. Chez OrionStar, elle mérite d'être clarifiée par contrat avant tout engagement.
Lavage, aspiration, modes : le S55 Pro impressionne sur la fiche
Entrons dans le nettoyage. Le S55 Pro pousse la logique du couteau suisse loin : six modes accessibles sans changer d'accessoire, lavage, lavage intensif, balayage-aspiration, balayage-aspiration-mop, aspiration économique et dust mop, sélectionnés d'une pression sur son écran de 10,1 pouces, grâce à un module qui combine un rouleau nylon de 520 mm, un rouleau microfibre et un pad de mop de 540 ou 580 mm. Là où le CC1 réclame un kit pour la moquette, le S55 Pro bascule d'un mode à l'autre d'un clic. Cette souplesse sans manipulation est réellement séduisante pour une équipe qui n'a pas envie de démonter la machine trois fois par jour.
Sur la capacité en eau, le S55 Pro prend l'avantage arithmétique avec 22 litres d'eau propre contre 15 pour le CC1, tout en conservant 15 litres d'eau sale. Sept litres de plus, ce n'est pas anecdotique. OrionStar annonce en outre une récupération d'eau de 97 % et soigne l'hygiène avec une désinfection par ozone et un traitement au nano-argent colloïdal, deux raffinements que la fiche du CC1 ne met pas en avant. Le rendement raconte la même histoire, du moins en apparence : le S55 Pro revendique 1 197 m²/h en lavage et 1 368 m²/h en balayage-aspiration, ce sont deux valeurs par mode et non une plage. Le CC1, plus modeste sur le papier, se situe entre 700 et 1 000 m²/h en couverture. Un acheteur pressé conclurait que le robot d'OrionStar nettoie près de moitié plus vite. Ce serait aller trop vite : ces débits dépendent du mode, de la densité d'obstacles et de la largeur de travail réelle. Le CC1 balaie sur 500 mm et lave sur 400 ; le S55 Pro s'appuie sur un rouleau de 520 mm mais ne publie ni sa largeur de lavage effective, ni sa dépression d'aspiration, ni sa capacité de batterie, ni son indice IP. Le CC1, lui, affiche ses 17 000 Pa et un bord à bord sous les 20 mm. Le S55 Pro gagne la bataille des chiffres flatteurs, le CC1 documente mieux ce qu'il fait, et dans l'achat professionnel une donnée vérifiable vaut mieux qu'un record non contextualisé.
Sur la finesse en bordure, OrionStar propose un nettoyage réglable de 30 à 50 mm via ses line lasers, quand Pudu revendique un bord à bord sous 20 mm, léger avantage au CC1 pour serrer les murs. Sur les revêtements, le S55 Pro couvre marbre, granit, époxy, caoutchouc, parquet, carrelage, béton et PVC, plus la moquette rase en balayage-aspiration ; le CC1 traite les mêmes sols durs et va sur la moquette, kit à l'appui. Sur le lavage et l'aspiration considérés isolément, le S55 Pro tient parfaitement la comparaison et gagne même sur l'eau embarquée et le rendement affiché. Le CC1 creusera l'écart ailleurs.
Mobilité et énergie
C'est sur l'endurance que le S55 Pro délivre son argument le plus spectaculaire. En modes secs, ses autonomies sont très longues, jusqu'à environ 19,5 heures en aspiration économique. Même en lavage, il tient 4,5 heures en mode standard et 3,5 heures en intensif, avec une recharge en moins de 4 heures et un retour automatique au dock. Pour l'entretien continu d'un grand hall en mode sec, ces chiffres sont un vrai atout. Le CC1 joue une partition plus classique mais cohérente : environ 5 heures en lavage, 5 en balayage-aspiration, 4 sur moquette et jusqu'à 9 en mopping silencieux, rechargé en moins de 3 heures, avec une reprise de tâche au point d'arrêt qui évite de tout recommencer. Sa batterie est une lithium fer phosphate d'environ 50 Ah, chimie réputée pour sa longévité, cette capacité restant non confirmée par Pudu. Le S55 Pro annonce une batterie lithium sans en publier la capacité ni la chimie, ce qui empêche toute projection sérieuse sur sa durée de vie ou son coût de remplacement. L'un impressionne par ses pics d'autonomie, l'autre rassure par la transparence et la reprise intelligente du travail.
Sur la mobilité pure, les deux se valent. Le S55 Pro grimpe des pentes de 6° et encaisse un dévers de 8° ; le CC1 est donné à 3° en nettoyage et 8° en déplacement, avec une vitesse réglable de 0,2 à 1,2 m/s. Avantage de franchissement au S55 Pro en montée, mais dans les bâtiments tertiaires plats que ces machines visent, la différence pèse peu. Aucun des deux n'est fait pour l'extérieur ni pour les rampes de parking soutenues.
Navigation et sécurité
Les deux constructeurs ont mis les moyens. Le S55 Pro embarque une suite annoncée de 15 capteurs : un LiDAR pour la cartographie SLAM jusqu'à 10 000 m², une caméra stéréo qui repère marches, vides et déchets, des line lasers et des ultrasons, au service d'un évitement dynamique et d'une sécurité 360°. La cartographie peut être réalisée en autonomie par l'exploitant, et la couverture de 10 000 m² par carte est confortable. Le CC1 répond avec PUDU SLAM, une fusion de SLAM visuel et laser, épaulée par un LiDAR, complété d'un module solid-state selon la fiche, et par deux caméras RGBD, une vue de dessus, une caméra RGB arrière et des ultrasons. Là où le S55 Pro annonce plus de capteurs, le CC1 joue sur la diversité des modalités de perception et la maturité de son moteur de navigation. Les deux gèrent le multi-étages et l'entrée-sortie automatique des ascenseurs, le CC1 via ses modules de contrôle d'ascenseur et de portillon, le S55 Pro via des intégrations annoncées sur la fiche OEM.
Sur la sécurité normée, le match se déséquilibre légèrement, mais sans vainqueur net. Ni l'un ni l'autre n'affiche la certification IEC 63327 dédiée aux autolaveuses autonomes : le CC1 de base ne la revendique pas, c'est son grand frère CC1 Pro qui l'annonce, et pour le S55 Pro elle n'est pas confirmée, l'OEM IKITBOT se prévalant plutôt des marquages ISO 9001, CE, FCC, UL, PSE, CB et RoHS. L'acheteur soucieux de conformité devra creuser des deux côtés. La question des données de caméra se pose pour les deux robots opérant devant du public : OrionStar affirme un traitement local des images, Pudu reste discret sur l'hébergement, et dans les deux cas c'est à l'exploitant de valider sa conformité RGPD.
Connectivité et exploitation : le vrai fossé
Nous arrivons au cœur du sujet. Un robot de nettoyage ne vaut pas grand-chose s'il faut poster un agent à côté pour le vider, le remplir et le recharger. Toute la promesse de ces machines tient dans l'autonomie d'exploitation, et c'est là que le CC1 change de catégorie. Autour de lui, Pudu a bâti un écosystème de stations : une station de charge pour le retour et la recharge automatiques, et surtout une station d'eau mobile qui gère seule le remplissage en eau propre, la vidange de l'eau sale et l'ajout de détergent, sans travaux de plomberie ni raccordement fixe. Concrètement, un CC1 correctement stationné enchaîne les cycles de lavage à l'eau, jour et nuit, en revenant faire son plein et sa vidange, puis en reprenant sa tâche au point d'arrêt. C'est l'exploitation autonome de bout en bout, celle qui libère réellement des heures d'agent. Les stations sont vendues en option, ce qui alourdit la facture, il faut le dire, mais elles existent, elles sont éprouvées, et elles transforment le robot en travailleur indépendant.
Le S55 Pro, malgré ses qualités, n'a pas de station d'eau. Il dispose d'un dock de charge pour se recharger seul, et ses bacs sont amovibles et immersibles pour l'entretien, ce qui est bien pensé. Mais pour laver, il faut qu'un humain vienne remplir ses 22 litres d'eau propre et vider ses 15 litres d'eau sale. Ses autonomies de lavage de 3,5 à 4,5 heures se heurtent à ce plafond de verre : passé le réservoir, quelqu'un doit intervenir. Ses records d'autonomie ne valent qu'en mode dust mop, à sec, quand il n'y a précisément rien à remplir ni à vider. Autrement dit, le S55 Pro est autonome tant qu'il ne lave pas vraiment ; dès qu'on lui demande son cœur de métier d'autolaveuse, il redevient dépendant d'un agent. C'est la limite structurelle que ni son silence ni ses six modes ne compensent. Côté logiciel, les deux jouent dans la cour du cloud : Wi-Fi et 4G, mises à jour à distance et rapports numériques pour le S55 Pro ; PUDU Link, gestion de flotte et API ouverte pour le CC1, cette dernière ouvrant la porte aux intégrations sur mesure des prestataires multi-sites.
Prix et maturité
Il faut être franc sur l'argent, car c'est ici que le S55 Pro frappe le plus fort : selon les tarifs distributeurs constatés, son ticket d'entrée à l'achat est nettement plus bas que celui du CC1, auquel il faut encore ajouter les stations en option. Pour une structure au budget serré, ou pour un premier pas prudent dans la robotique de nettoyage, cet écart est un argument massue, et personne ne le niera : le S55 Pro remporte haut la main la manche du ticket d'entrée. Mais le prix d'achat n'est qu'une partie de l'équation. Un robot moins cher qu'il faut remplir et vider à la main plusieurs fois par jour mobilise du temps d'agent ; un robot plus cher qui tourne seul avec sa station d'eau libère ce temps. Sur un coût complet étalé sur trois ou quatre ans, l'écart initial se rembourse en heures de main-d'œuvre économisées, à condition que la machine tienne dans la durée.
Et c'est le second pilier du dossier CC1 : la maturité, exprimée en signaux vérifiables plutôt qu'en chiffres invérifiables. Le CC1 est conçu et fabriqué par un constructeur intégré, il sert de base à toute une famille dont le CC1 Pro dérive, il s'appuie sur un écosystème logiciel ouvert et sur un réseau de distribution disponible en France, et sa fiabilité est qualifiée de forte dans nos données comparatives. Le S55 Pro, plus récent et diffusé par un réseau encore mince en Europe, n'a pas encore accumulé ce capital de confiance, et son statut de produit OEM rebadgé laisse ouverte la question du support. Quand une machine doit tourner tous les jours dans un hôpital ou un centre commercial, l'épaisseur du réseau de support et la clarté de la chaîne de responsabilité ne sont pas des détails.
Là où le S55 Pro a raison
Rendons justice au challenger, car un comparatif honnête ne caricature pas le perdant. Le S55 Pro est une belle machine, et sur plusieurs points il devance nettement le CC1. Son silence d'abord : 55 dB à un mètre en lavage pleine puissance, 45 dB en dust mop, soit vingt à trente décibels de moins que la plupart des autolaveuses autonomes, un atout décisif pour nettoyer en pleine journée devant des clients, des patients ou des élèves. Le CC1, donné à moins de 70 dB, reste discret mais ne joue pas dans la même cour acoustique. Ses six modes sans changement d'outil offrent une souplesse que le CC1 n'égale pas, lui qui réclame un kit pour la moquette. Ses 22 litres d'eau propre, sa récupération à 97 %, son hygiène par ozone et nano-argent, ses autonomies sèches hors normes, sa cartographie de 10 000 m² et ses 15 capteurs sont autant d'arguments réels. Et son prix d'achat est imbattable dans cette catégorie. Pour un site où le lavage à l'eau reste occasionnel, où l'entretien à sec domine, où le silence en journée prime et où le budget d'investissement est contraint, le S55 Pro peut parfaitement être le bon choix. Il n'a qu'un défaut, mais il est structurel : pas de station d'eau, donc pas d'autonomie de lavage véritable.
Verdict
Le compte des manches est plus serré qu'il n'y paraît. Le S55 Pro remporte le silence, la souplesse des six modes, l'eau embarquée, le rendement affiché, les autonomies sèches et, très largement, le prix d'achat. Un acheteur dont la priorité absolue serait le coût initial ou le confort acoustique pourrait légitimement pencher de son côté. Mais un robot de nettoyage ne s'achète pas pour ce qu'il coûte le premier jour, il s'achète pour ce qu'il fait tout seul pendant mille jours, et sur ce terrain le CC1 n'a pas d'égal ici.
Le CC1 l'emporte parce qu'il est une vraie autolaveuse robotisée intégrée dans un écosystème d'exploitation autonome de bout en bout : sa station d'eau mobile, qui remplit, vidange et dose le détergent sans plomberie, lui permet d'enchaîner les cycles de lavage à l'eau avec reprise de tâche au point d'arrêt. Le S55 Pro, faute de station d'eau, redevient dépendant d'un agent dès qu'il lave vraiment. Le CC1 gagne aussi parce qu'il repose sur un écosystème logiciel ouvert avec API, un réseau de distribution français dense et une fiabilité consolidée, quand le challenger, plus jeune et OEM rebadgé, laisse ouverte la question du support. Le S55 Pro est un excellent robot pour qui cherche le meilleur prix et un fonctionnement silencieux sur des tâches surtout sèches ; le CC1 est le meilleur robot pour qui veut poser la machine, la laisser tourner et retrouver un sol propre sans être intervenu entre-temps. Dans un métier où la valeur d'un robot se mesure en heures d'agent rendues, c'est cette autonomie-la qui fait la difference. Le meilleur test reste un passage sur vos propres sols, qu'une visite sur site organise.
Questions fréquentes
Le S55 Pro a six modes et coûte moins cher : pourquoi ne gagne-t-il pas ?
Le CleaniBot S55 Pro est-il vraiment un robot OrionStar ?
Lequel est le plus silencieux pour nettoyer en journée ?
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