Comparatif

Pudu CC1 ou ICE Cobi 18 : le couteau suisse chinois face à l'abonnement américain

20 juillet 2026 · 12 min de lecture · Mis à jour 07/2026

Sol lavé d'un commerce de proximité

Deux philosophies plus que deux machines. Le Pudu CC1, robot compact qui prétend tout faire dans un seul châssis et s'exploite en quasi-autonomie grâce à ses stations. L'ICE Cobi 18, autolaveuse volontairement mono-fonction vendue comme un service, un abonnement tout compris sans mauvaise surprise. Le premier mise sur la polyvalence, le second sur la lisibilité du contrat.

Deux gabarits, deux intentions

Le Cobi 18 est un modèle de discrétion : 480 mm de long, 480 de large, 700 de haut, pour 55 kg. C'est un cube compact qui demande un passage minimal de 650 mm, avec un demi-tour possible dans ces mêmes 650 mm. ICE Cobotics a fait de cette compacité un argument central : dans une supérette encombrée de présentoirs, dans un couloir de clinique, dans un hall meublé, ce format se fait oublier. Le CC1 joue dans une catégorie voisine mais légèrement supérieure : 663 mm de long, 568 à 626 de large, 667 à 682 de haut selon la configuration, pour 60 à 75 kg. Il reste sous la barre des 70 cm de large et garde une bonne aptitude aux couloirs étroits, mais il est un cran au-dessus du Cobi en encombrement. Ce volume supplémentaire, le CC1 le met au service de fonctions que le Cobi n'a pas. La question n'est donc pas de savoir lequel est le plus petit, c'est le Cobi sans discussion, mais ce que chacun fait de son gabarit.

Le nettoyage : un lave-sol contre un quatre-en-un

C'est ici que l'écart se creuse. Le Cobi 18 est une autolaveuse, et rien d'autre. Il lave les sols durs sur 480 mm avec une brosse cylindrique de 70 × 330 mm épaulée par deux brosses latérales, et il sèche derrière lui grâce à sa raclette, en un seul passage. C'est propre et efficace sur les sols durs, bois, céramique, PVC, marbre, granit, époxy, mais cela s'arrête là : pas de moquette, sinon une simple option de vadrouille sèche, et surtout pas de balayage ni d'aspiration de débris à proprement parler, son aspiration d'environ 5 480 pascals servant à récupérer l'eau sale via la raclette. Sa consommation d'eau est en revanche remarquablement sobre, à 130 millilitres par minute au maximum, répartie sur deux niveaux, ECO et MAX. Pour ce qu'il fait, le Cobi le fait bien et avec parcimonie.

Le CC1 revendique quatre métiers dans une seule carrosserie : il balaie, il lave, il aspire, moquette comprise avec le kit dédié, et il dépoussière en mode vadrouille. Sa largeur de travail atteint 500 mm en balayage et 400 en lavage, et surtout son aspiration grimpe à 17 000 pascals, un ordre de grandeur au-dessus du Cobi, ce qui lui permet de véritablement ramasser poussières et petits débris avant de laver. Il nettoie les bords à moins de 20 mm, ce qui compte le long des plinthes. Concrètement, là où l'exploitant du Cobi devra prévoir un passage de balai ou d'aspirateur séparé pour la poussière et les moquettes, l'utilisateur du CC1 confie l'ensemble de la chaîne à une seule machine. C'est la différence entre un instrument spécialisé et un outil polyvalent, et sur le terrain de la propreté globale, cette polyvalence pèse.

Capacité et endurance : là où le fossé devient béant

La capacité d'emport suit la même logique. Le CC1 embarque 15 litres d'eau propre et 15 litres d'eau sale. Le Cobi se contente de 10 litres d'eau propre et 11 d'eau sale, plus une petite trémie à débris de 0,4 litre. L'écart conditionne directement la surface traitée entre deux interventions humaines : plus les cuves sont grandes, moins on vide et moins on remplit. Et cet écart se combine avec celui de l'autonomie. Le Cobi 18 fonctionne sur une batterie lithium-ion de 24 volts et 25 ampères-heures, soit environ 0,6 kilowattheure, pour 2 heures en ECO et 1,5 heure en MAX, avec une recharge en 3 heures via un chargeur embarqué. Ramené au rendement pratique observé, de 465 à 650 m²/h, cela situe une session utile autour de 800 à 1 500 m². Pour une supérette ou un hall, c'est amplement suffisant ; pour davantage, il faudra enchaîner les cycles, avec à chaque fois une recharge et une remise en eau manuelles.

Le CC1 change d'échelle. Sa batterie lithium fer phosphate, d'une capacité annoncée autour de 50 ampères-heures et non confirmée par Pudu, lui offre 4 à 9 heures selon le mode, 5 heures en lavage, 5 en balayage-aspiration, 4 sur moquette et jusqu'à 9 en mode vadrouille silencieuse, pour une recharge complète en moins de 3 heures. Quand le Cobi tient une heure et demie à deux heures, le CC1 tient une demi-journée à une journée selon la tâche. Et la recharge n'est pas nécessairement une affaire humaine : le CC1 revient seul à son dock et reprend sa tâche au point d'arrêt grâce à la reprise sur interruption. Le Cobi, dépourvu de station d'accueil, réclame qu'on vienne le brancher, le remplir et le vider à la main. L'écosystème de stations optionnelles du CC1, dock de charge et station d'eau mobile, permet un remplissage, une vidange et un ajout de détergent automatiques, sans le moindre travaux de plomberie. On bascule alors dans une exploitation quasi autonome, où la présence humaine se réduit à une supervision épisodique.

Mobilité et franchissement

Sur le déplacement, les tempéraments diffèrent. Le Cobi avance à 0,5 m/s en mode autonome, une allure prudente qui privilégie la sécurité, avec une pente admissible limitée à 1,1° en autonome et 5,7° en conduite manuelle, ce qui le cantonne aux sols plats. Le CC1 est plus rapide et modulable, de 0,2 à 1,2 m/s, avec une pente franchissable donnée à 3° en nettoyage et 8° en déplacement, ces valeurs de pente étant à confirmer selon les revêtements. Ni l'un ni l'autre n'est un grimpeur, mais le CC1 dispose d'un peu plus de marge en vélocité comme en rampe. À l'inverse, la compacité et le rayon de braquage serré du Cobi, avec son demi-tour dans 650 mm, en font un champion des espaces exigus. Léger ascendant au CC1 sur le débit, au Cobi sur la manœuvrabilité.

Navigation et sécurité : robustesse contre autonomie fonctionnelle

Les deux savent se repérer, mais différemment. Le Cobi 18 mise sur une navigation par apprentissage : un opérateur conduit une première fois le trajet, que le robot mémorise et rejoue, avec un mode Fill-in qui remplit un périmètre tracé. Jusqu'à 60 itinéraires peuvent être enregistrés, avec départ différé programmable. Côté perception, le Cobi ne lésine pas : caméras 2D, 3D et binoculaires, LiDAR et ultrasons, avec une réputation solide d'évitement fiable dans les conditions qui piègent les capteurs optiques, près des miroirs, des vitres, en plein soleil. C'est un point fort réel.

Le CC1 s'appuie sur PUDU SLAM, une fusion de SLAM visuel et de SLAM laser, avec gestion multi-cartes et multi-étages. Sa dotation comprend un LiDAR, complété par du solid-state selon la fiche, deux caméras RGBD, une vue de dessus, une caméra RGB arrière et des ultrasons. Là où il prend l'ascendant, c'est sur la gestion des bâtiments à plusieurs niveaux : grâce à ses modules IoT de contrôle d'ascenseur et de portillon, il change d'étage et franchit des portes automatiques, ce qui ouvre le nettoyage autonome de sites entiers. Le Cobi 18 reste sur son niveau. Sur la certification de sécurité, les deux se rejoignent dans le flou : la conformité à la norme IEC 63327 dédiée aux robots de nettoyage autonomes n'est clairement établie ni pour le CC1 de base ni pour le Cobi 18, c'est le CC1 Pro qui la revendique dans la gamme Pudu. Le Cobi impressionne donc par la robustesse de son évitement, le CC1 va plus loin dans l'autonomie fonctionnelle en s'affranchissant des ascenseurs et des portes.

Connectivité et données

Voilà un terrain où le Cobi 18 défend bien ses couleurs. Sa connectivité repose sur une 4G cellulaire fournie via T-IoT, carte SIM incluse dans l'abonnement, ce qui rend le robot connecté nativement, sans dépendre du Wi-Fi du client. Sa plateforme cloud i-Synergy propose un Clean Score multi-sites, des alertes de maintenance et des mises à jour à distance, avec un hébergement sur clouds régionaux, région UE pour les clients européens, et une conformité RGPD mise en avant, la cartographie se limitant à des nuages de points où ni les personnes ni les textes ne sont identifiables. Pour un directeur d'exploitation qui pilote un réseau de points de vente, cette connectivité incluse et ce tableau de bord multi-sites sont un argument sérieux.

Le CC1 n'est pas en reste et se montre même plus ouvert : 4G, Wi-Fi et Bluetooth, administration via PUDU Link, rapports cloud automatiques, cartes de points chauds de saleté, tableaux de bord avec alertes, et surtout une API via la PUDU Open Platform qui autorise l'intégration à des systèmes tiers, un atout pour les grands comptes. En revanche, plusieurs paramètres de gouvernance de la donnée restent non précisés dans la documentation publique du CC1, là où le Cobi affiche plus clairement son hébergement UE. On a donc une plateforme plus ouverte et programmable d'un côté, une plateforme plus transparente sur l'hébergement et livrée avec la connectivité incluse de l'autre. Les deux sont crédibles ; le choix dépend de ce que l'exploitant valorise, l'intégrabilité ou la lisibilité contractuelle de la donnée.

Acheter un robot ou souscrire un service

C'est probablement ici que se joue la vraie décision, bien plus que sur les pascals ou les litres, et il serait malhonnête de prétendre qu'il existe une réponse unique. Le Cobi 18 se loue sous forme d'abonnement tout compris : un forfait qui englobe la machine, la plateforme cloud i-Synergy, la connectivité 4G, les pièces, les consommables, la formation et jusqu'à l'expédition. La force de cette formule est sa lisibilité absolue : pas de dépense d'investissement, pas de mauvaise surprise, un coût d'exploitation prévisible que l'on inscrit une fois pour toutes au budget. Pour un exploitant qui veut robotiser sans immobiliser de capital, sans se soucier du service après-vente ni de la gestion des consommables, et qui raisonne en charge mensuelle, c'est une proposition redoutablement claire. ICE Cobotics a bâti là un produit financier autant qu'un robot.

Le CC1 relève d'une logique plus classique et plus flexible, mais aussi plus exigeante à décrypter. Il s'achète ou se prend en robot-service, et le point de vigilance, que la fiche ne masque pas, tient aux stations : le dock de charge, la station d'eau et le kit moquette sont facturés en sus de la machine. Le coût total d'un CC1 pleinement autonome dépasse donc le prix du robot nu, et l'exploitant doit intégrer ces postes. En contrepartie, l'achat lui donne un actif dont il dispose au-delà de trois ans, sans loyer perpétuel, et une palette de fonctions qui, ramenée au service rendu, change la comparaison. En somme, le Cobi gagne sur la simplicité et la prévisibilité du modèle, le CC1 gagne sur ce qu'on obtient en échange de la dépense. Un client qui cherche un coût d'exploitation simple penchera pour l'abonnement ICE ; un client qui raisonne en valeur d'usage et en couverture fonctionnelle penchera pour le Pudu.

Ce que dit le terrain

Les fiches ne valent que confrontées aux déploiements réels, et là, les deux acteurs ne sont pas à égalité de preuve publique. ICE Cobotics tient une carte maîtresse avec Kum & Go, chaîne de stations-service et commerces de proximité américaine qui a adopté le Cobi 18 sur plus de 400 magasins, après un déploiement progressif parti de quelques sites pilotes. Au-delà du chiffre, un point souvent sous-estimé est rapporté par les responsables d'exploitation : les équipes et les clients trouvent le robot facile à vivre, au point qu'il tourne davantage que les autolaveuses manuelles déployées jusque-là. Cette adhésion réelle du personnel, qui fait qu'une machine sert au lieu de dormir dans un placard, est un actif précieux. Le Cobi a par ailleurs décroché un prix d'excellence en intelligence artificielle en 2023. C'est une machine mûre et éprouvée dans son terrain de prédilection, les commerces de proximité.

Côté Pudu, il faut être franc : le constructeur ne publie pas de référence client nominative pour le CC1. Nous ne reprendrons donc aucun volume de déploiement invérifiable pour ce modèle. Ce que l'on peut dire, factuellement, c'est que le CC1 est conçu et fabriqué par Pudu Robotics, qu'il sert de base technique à toute une famille, dont le CC1 Pro dérive directement, qu'il s'appuie sur un écosystème logiciel ouvert et un réseau de service disponible en France, et que sa fiabilité est qualifiée de forte dans nos données comparatives. Sur l'axe de la preuve terrain nominative, c'est donc le Cobi 18, avec Kum & Go, qui documente le mieux son déploiement ; sur l'axe de la maturité industrielle et de la profondeur de gamme, le CC1 tient sa place.

Verdict

La décision penche du côté du CC1, et elle repose sur un raisonnement simple. Le Cobi 18 est excellent à faire une chose, laver des sols durs dans un format compact, avec une navigation robuste et un modèle économique d'une clarté remarquable, mais il ne fait que cela. Le CC1, pour un gabarit à peine supérieur, fait quatre choses : il balaie, lave, aspire, moquette comprise, et dépoussière. Il embarque des cuves de 15 sur 15 litres contre 10 sur 11, tient de 4 à 9 heures contre 1,5 à 2, revient seul se recharger et se réapprovisionner en eau via ses stations sans travaux de plomberie, et grimpe d'étage en pilotant les ascenseurs. Sur la couverture fonctionnelle et l'autonomie d'exploitation, il domine méthodiquement.

Reste que ce verdict n'est pas un blanc-seing. Si votre besoin se résume à laver des sols durs sur quelques centaines à un ou deux milliers de mètres carrés, dans des commerces de proximité, et que votre priorité absolue est un coût d'exploitation limpide, sans investissement, sans gestion de consommables ni de service après-vente, alors le Cobi 18 et son abonnement tout compris sont une réponse d'une pertinence redoutable, et l'adhésion réelle du personnel mesurée chez Kum & Go n'est pas un détail. Pour ce profil précis, l'abonnement ICE peut même être le meilleur choix. Mais dès qu'on élargit le cahier des charges à la poussière, à la moquette, aux grandes plages horaires, aux bâtiments à étages et à une exploitation véritablement autonome, le CC1 reprend l'avantage et ne le lache plus. Le juste arbitrage dependra de la nature exacte de vos surfaces, qu'une visite technique permet de cerner.

Questions fréquentes

Le Cobi 18 aspire-t-il et balaie-t-il comme le CC1 ?
Non. Le Cobi 18 est une autolaveuse : il lave et sèche les sols durs, son aspiration servant à récupérer l'eau sale, pas à ramasser des débris. Le CC1 est un 4-en-1 qui balaie, lave, aspire, moquette comprise avec un kit, et dépoussière. Avec le Cobi, la poussière et les moquettes demandent un passage séparé.
Combien de temps chaque robot tient-il entre deux interventions ?
Le Cobi 18 tient 1,5 à 2 heures et n'a pas de station : il faut le recharger, le remplir et le vider à la main. Le CC1 tient 4 à 9 heures selon le mode, revient seul à son dock et, avec sa station d'eau mobile, refait son plein et sa vidange sans plomberie, ce qui autorise une exploitation quasi autonome.
Quel robot pour un réseau de commerces de proximité au budget serré ?
Si le besoin se limite à laver des sols durs sur de petites surfaces avec un coût mensuel limpide, l'abonnement tout compris du Cobi 18 est très pertinent, et son adoption par le personnel est un vrai atout. Pour couvrir aussi la poussière, la moquette, les longues plages horaires et les étages, le CC1 est plus complet.

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