KIRA B50 vs Pudu CC1 : autolaveuse de hall ou compact 4-en-1 ?
5 octobre 2026 · Par Gautier F. · 14 min de lecture

La question revient souvent en visite technique : pour un bâtiment de trois ou quatre mille mètres carrés, faut-il une autolaveuse autonome allemande de 228 kg ou un compact chinois de 75 kg qui balaie, aspire et lave ? Le Kärcher KIRA B 50 et le Pudu CC1 ne jouent pas tout à fait dans la même catégorie, et c'est justement ce qui rend le choix intéressant. Nous comparons ici les valeurs publiées par les deux constructeurs, puis les situations où l'un prend nettement l'avantage sur l'autre.
Pas la même catégorie, mais la même question d'achat
Sur le papier, rien n'oblige à comparer ces deux machines. Lancée par Kärcher en 2022, la KIRA B 50 ne fait qu'une chose, et la fait bien : c'est une autolaveuse autonome pure, avec une tête à rouleau de 550 mm avec pré-balayage intégré, une brosse latérale, une raclette de séchage large de 750 mm, 55 L d'eau claire et autant de récupération. Le CC1, sorti chez Pudu Robotics en 2023, joue la polyvalence : sa largeur atteint 500 mm en balayage et 400 mm en lavage, sa dépression 17 000 Pa, et il sait aussi passer la vadrouille, dans un corps de 629 × 552 × 695 mm.
Pourtant, les deux se retrouvent face à face dans les appels d'offres. Un gestionnaire qui a entre 2 000 et 5 000 m² de revêtements durs à entretenir, un budget d'équipement et une équipe réduite en soirée se demande légitimement s'il vaut mieux une grosse machine rapide ou un petit robot polyvalent. La réponse dépend moins de la fiche technique que de la forme du bâtiment : largeur des circulations, nombre de niveaux, part de moquette, présence de public pendant le lavage.
Pour mémoire, Kärcher publie aussi une gamme plus lourde, que nous avons détaillée dans le comparatif KIRA B 50 et BR 200. Chez Pudu, l'équivalent direct de la KIRA en gabarit est plutôt le BG1 ; le CC1 est son petit frère pour les espaces fragmentés.
Fiche contre fiche : les chiffres publiés côte à côte
Le tableau reprend les valeurs de notre base robots, telles que publiées par les constructeurs. Quand une case indique « non publié », nous n'avons pas trouvé de donnée officielle et nous n'en déduisons aucune.
| Critère | Kärcher KIRA B 50 | Pudu CC1 |
|---|---|---|
| Famille | Autolaveuse autonome | Multifonction 4-en-1 |
| Largeur de travail | 550 mm (brosse), 750 mm (aspiration) | 500 mm (balayage), 400 mm (lavage) |
| Débit théorique | 2 365 m²/h | 700 à 1 000 m²/h |
| Cuves propre / sale | 55 L / 55 L | 15 L / 15 L |
| Dimensions | 1 100 × 750 × 1 200 mm | 629 × 552 × 695 mm |
| Poids | 228 kg à vide | 75 kg |
| Passage minimal | 900 mm | 700 mm |
| Pente admissible | 3,4° (6 %) | 3° en nettoyage, 8° en déplacement |
| Batterie | Lithium, 24 V, 160 Ah | LiFePO4, 50 Ah |
| Autonomie / charge | 3,5 h / 5,2 h | 4 à 9 h selon mode / environ 3 h |
| Moquette | Non | Oui, moquette rase avec embout dédié |
| Capteurs | 3 LiDAR, 4 capteurs 3D, 11 ultrasons | LiDAR et LiDAR solid-state, 2 caméras RGBD, vue de dessus, caméra arrière |
| Ascenseur | Non publié | Oui, par modules IoT |
| IEC 63327 | Publiée (DEKRA) | Non publiée |
| Niveau sonore | 69 dBA | Moins de 70 dBA |
| Connectivité | 4G/LTE natif et Wi-Fi | 4G et Wi-Fi |
Trois écarts sautent aux yeux : un débit théorique environ 2,4 fois supérieur pour la Kärcher, des cuves presque quatre fois plus grandes, et un poids trois fois plus élevé. Tout le reste du comparatif découle de ces trois rapports. Pour comparer d'autres paires sur les mêmes critères, le comparateur de robots reprend l'ensemble de la base.
Lavage, séchage et types de salissures
La KIRA B 50 est construite pour frotter. Son rouleau tourne à 1 200 tr/min, la brosse latérale ramène les salissures des plinthes, et la raclette de 750 mm, plus large que la tête, reprend l'eau en un seul passage qui laisse le sol sec. Kärcher annonce une pression de 80 g/cm², une valeur surfacique qui ne se compare pas aux kilos annoncés par d'autres fabricants. Le dosage du détergent, baptisé DOSE, suit le rythme de la progression : dans un virage ou un ralentissement, la machine n'inonde pas le sol.
Le CC1 raisonne autrement. Sa brosse latérale et son rouleau ramassent d'abord poussières et petits débris, puis la succion récupère l'eau derrière la raclette, et le robot enchaîne balayage et lavage dans la même tâche. Sur une surface peu encrassée mais très fréquentée, un hall hôtelier ou un open space, cette combinaison évite un passage de balayage préalable. Sur une salissure grasse et adhérente, en revanche, une tête de 400 mm avec 15 litres d'eau propre atteint plus vite ses limites qu'un rouleau de 550 mm alimenté par 55 litres.
Le cas des moquettes
C'est un point de rupture net. La KIRA B 50 ne traite que les sols durs. Le CC1 traite les moquettes à poils ras, d'un centimètre d'épaisseur environ, grâce à son embout spécifique, à condition de séparer sur la carte les zones textiles et les zones lavées par un mur virtuel. Dans un immeuble tertiaire où les bureaux sont en moquette et les circulations en carrelage, ce seul critère suffit souvent à écarter l'autolaveuse pure.
Passage minimal, pente et gabarit : l'épreuve des couloirs
Une autolaveuse autonome de 750 mm de large exige une circulation d'au moins 900 mm selon Kärcher. En galerie marchande, en entrepôt aux allées normalisées ou dans un hall de gare, c'est rarement un obstacle. Dans une circulation de clinique où stationnent des chariots, une salle de restaurant ou un étage de bureaux cloisonné, les zones inaccessibles se multiplient et la surface réellement couverte fond.
Le CC1 descend à 700 mm de passage. Avec 75 kg, il se pousse aussi par une seule personne si une porte coupe-feu doit être franchie ou si le robot se coince. Déplacer 228 kg demande une autre organisation, et le mode manuel de la KIRA devient alors indispensable.
Sur les pentes, l'écart est plus fin qu'on ne le croit. La Kärcher tient 3,4° (6 %) en nettoyage. Le Pudu annonce 3° en nettoyage mais 8° en simple déplacement, de quoi rejoindre une zone de travail par une rampe d'accès plus raide qu'il ne saurait laver. Dans un parking ou une zone de quais, la valeur à vérifier en visite est donc double : pente à laver et pente à franchir.
Eau, batterie et station : combien de mètres carrés entre deux interventions
Le volume embarqué détermine la surface traitée avant un retour à la station. Avec 55 L, la KIRA traite environ 1 800 m² par plein selon Kärcher, d'après notre fiche technique de la KIRA B 50. Avec ses cuves de 15 L, le CC1 retourne plus fréquemment au dock sur un site encrassé, sans gravité tant que la station fait le travail seule.
Sur l'énergie, les philosophies s'opposent. La Kärcher embarque deux batteries lithium totalisant 24 V et 160 Ah pour 3,5 heures de lavage, puis 5,2 heures de recharge complète ; les batteries ne s'échangent pas, mais la charge d'appoint sur le dock est possible. Le CC1 tient 5 heures en lavage, 4 heures sur moquette et jusqu'à 9 heures en balayage silencieux, et se recharge en trois heures environ. Surtout, il retrouve seul son point d'arrêt pour finir la tâche.
Deux conceptions du poste d'accueil
Kärcher propose un dock qui gère l'eau, la charge et le rinçage de la cuve, en option. Pudu décline trois stations : une station d'accueil chargée du remplissage, de la vidange et du dosage, une station autonettoyante qui lave rouleau et raclette, et une version mobile de la station d'eau pour les sites sans point d'eau à proximité. Chez l'un comme chez l'autre, la station se chiffre à part : un robot nu comparé à un robot équipé fausse tout calcul d'exploitation.
Navigation, étages, sécurité et pilotage à distance
La KIRA B 50 combine deux méthodes : le teach and repeat, où un opérateur conduit le parcours une fois, que le robot reproduit ensuite, et une fonction de remplissage automatique des grandes zones ouvertes. Ses routes peuvent être chaînées. Le CC1 cartographie par PUDU SLAM, sans balise posée au sol, et gère une carte par étage.
Multi-étages et ascenseurs
Pour changer de niveau, le CC1 dialogue avec l'ascenseur, soit par le cloud du fabricant de la cabine, soit par un module posé par l'ascensoriste, et franchit les portes automatiques grâce à un module sans fil. Kärcher ne documente pas de pilotage d'ascenseur pour la KIRA B 50. Dans un hôtel de six niveaux ou un immeuble de bureaux, un robot qui ne change pas d'étage seul oblige un agent à le déplacer, ce qui annule une partie du gain.
Sécurité en zone publique
Sur ce point, Kärcher a l'avantage de la preuve. La KIRA B 50 est certifiée IEC 63327 après évaluation par DEKRA, avec une détection des personnes, des vitres et des vides, appuyée par onze ultrasons. Le CC1 détecte aussi les personnes et évite les obstacles mobiles, et il est donné IPX4, mais aucune certification IEC 63327 n'apparaît pour la version de base ; le CC1 Pro, lui, l'annonce. Pour un ERP dont le référent sécurité exige une preuve tierce, ce détail pèse.
Supervision et intégration
La Kärcher se pilote par un portail web, en 4G native, avec des mises à jour logicielles garanties, envoyées par le réseau, et une API conforme à VDA 5050, utile pour faire cohabiter plusieurs marques dans un même logiciel de flotte. Le CC1 passe par l'application PUDU Link, en 4G ou Wi-Fi, avec rapports automatiques, notifications et une API ouverte ; la mise à jour par le réseau n'est pas documentée dans notre base.
Quatre sites, quatre réponses
Supermarché de 3 500 m² de plain-pied
Allées larges, carrelage grès, lavage à l'ouverture ou après la fermeture. Au débit théorique, la KIRA traite la surface en moins de deux heures quand le CC1 en demande de trois heures et demie à cinq. Le grand volume d'eau limite les retours au dock. Avantage Kärcher, sous réserve que les rayons laissent 900 mm partout.
Immeuble de bureaux sur cinq étages
Moquette dans les bureaux, carrelage dans les halls et les blocs sanitaires d'étage, ascenseurs, cloisons. Le CC1 change d'étage seul, alterne aspiration et lavage, circule entre les pieds de bureau. La KIRA resterait cantonnée au hall. Avantage net au Pudu, que nous déployons dans nos sites tertiaires.
Clinique ou EHPAD
Couloirs parfois étroits, chambres, chariots stationnés, lavage en journée en présence des résidents. Le CC1 et son mode silencieux s'insèrent mieux ; la KIRA peut convenir aux halls d'accueil et aux circulations principales dégagées si l'établissement tient à la certification publiée.
Plateforme logistique
Béton surfacé, grandes allées, traces de roues de chariots. Ici, aucun des deux n'est forcément le meilleur choix : un robot de la taille d'un BG1, ou plus grand, se justifie souvent. Entre les deux, la KIRA l'emporte largement, le CC1 étant sous-dimensionné pour ces surfaces.
Coût complet : ce qui fait réellement le devis
Aucun tarif ne figure ici : ceux du marché varient selon le canal, les options et la durée. Ce qui compte, c'est l'architecture du coût. Pour la KIRA B 50, la facture se compose de la machine, du dock eau, charge et rinçage, de la connectivité 4G et des consommables : deux brosses rouleaux, une brosse latérale, une raclette. Pour le CC1, il faut additionner le robot, la ou les stations, le kit moquette si nécessaire, puis le rouleau, la brosse latérale, la raclette, le filtre et la mop.
Deux paramètres faussent souvent les comparaisons. D'abord la surface réellement couverte : un robot bon marché qui ne passe pas dans la moitié des couloirs coûte cher au mètre carré. Ensuite le temps humain résiduel : vidanges manuelles, déplacements entre étages, relances après blocage. La méthode, poste par poste, figure dans notre guide du calcul du coût complet sur cinq ans.
Notre rôle dans ce choix, en toute transparence
Précision utile : Easy to Clean distribue officiellement la marque Pudu et déploie le CC1 dans ses contrats, mais ne vend pas de Kärcher. Raison de plus pour nous en tenir aux données publiées, et pour dire clairement quand la KIRA B 50 est mieux adaptée à un site que notre compact. Dans ce cas, nous proposons plutôt un robot Pudu de même gabarit, le BG1, pensé pour les grands plateaux, ou une combinaison de deux machines.
Concrètement, tout part d'une visite : relevé des largeurs de passage, des revêtements, des pentes, du réseau mobile dans les cabines d'ascenseur. Viennent ensuite un test sur vos revêtements et une proposition sur devis : service complet avec équipe, entretien et machine de remplacement en 72 heures, ou achat assorti d'un contrat d'entretien. Pour lancer cette étape, programmez un essai chez vous.
Verdict
La KIRA B 50 gagne dès que le site ressemble à un grand plateau : sols durs continus, allées d'un mètre ou plus, un seul niveau, salissures adhérentes, exigence de preuve tierce sur la sécurité. Son débit, ses 55 litres et sa certification DEKRA font la différence, en contrepartie d'un gabarit et d'un poids qui la rendent peu mobile.
Le CC1 gagne dans tous les bâtiments fragmentés : étages desservis par ascenseur, couloirs étroits, moquette rase, présence du public, envie d'enchaîner balayage et lavage d'une traite. Son débit horaire est plus faible, mais la surface qu'il atteint réellement dans un immeuble est plus grande. Pour un bâtiment mixte, la bonne réponse est parfois de ne pas choisir : une machine large pour le hall, un compact pour les étages, piste développée dans le guide CC1 ou BG1.
Sources et références
Textes, organismes et documents constructeurs sur lesquels s'appuie cet article. Les liens s'ouvrent dans un nouvel onglet.
- Kärcher Autolaveuse KIRA B 50 (Kärcher) : La fiche officielle de la KIRA B 50 : largeurs de travail, cuves, rendement, batterie, passage minimal, pente, bruit et certification IEC 63327.
- IEC 63327:2021 - Automatic floor treatment machines for commercial use - Particular requirements (IEC) : La norme de sécurité propre aux machines de traitement des sols automatiques à usage commercial, sur laquelle reposent les certifications des robots.
- VDA 5050 (VDA (Verband der Automobilindustrie)) : La page officielle de l'interface VDA 5050 entre robots mobiles et logiciel de supervision, avec la version en vigueur à télécharger.
Questions fréquentes
La KIRA B 50 est-elle plus efficace que le CC1 ?
Sur une grande surface de plain-pied, oui : 2 365 m²/h théoriques contre 700 à 1 000 m²/h, et des cuves de 55 litres au lieu de 15. Dans un bâtiment à étages ou cloisonné, l'avantage s'inverse, car le CC1 passe en 700 mm, prend l'ascenseur et traite la moquette rase, là où la Kärcher reste cantonnée aux zones dégagées de sol dur.
Le Pudu CC1 est-il certifié IEC 63327 ?
Pour le CC1 de base, la certification n'est pas publiée dans notre base. Le CC1 Pro, lui, l'affiche. La KIRA B 50 publie une certification IEC 63327 délivrée par DEKRA. Si votre établissement recevant du public exige cette preuve tierce, demandez-la par écrit avant de signer, Kärcher comme Pudu.
Peut-on utiliser la KIRA B 50 sur moquette ?
Non. Kärcher la destine aux sols durs uniquement. Si le site associe moquette et carrelage, il faut soit un second appareil pour les zones textiles, soit un robot multifonction comme le CC1, capable de traiter les velours ras jusqu'à un centimètre environ.
Lequel est le plus bruyant ?
Les valeurs publiées sont très proches : 69 dBA pour la Kärcher, moins de 70 dBA pour le Pudu. La différence se joue plutôt sur les modes : le CC1 propose un réglage silencieux de balayage, apprécié en hôtellerie et en EHPAD. Dans les deux cas, un essai de jour en présence des occupants reste le meilleur test.
Un raccordement à l'eau est-il nécessaire pour ces deux robots ?
Pour une exploitation autonome, oui, ou une solution de substitution. La KIRA B 50 s'appuie sur son dock eau, charge et rinçage, proposé en option. Le CC1 accepte une station d'eau mobile, sans travaux de plomberie. Sans station, remplissages et vidanges restent manuels, ce qui mobilise un agent plusieurs fois par jour.
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